Le Chant du Drille

Ayerdhal est un auteur que je pratique depuis assez peu de temps. De lui, j'ai déjà lu Mytale, un space/planet-opera fort original méritant aussi d'être qualifié de socio-fiction, ainsi qu'un certain nombre de nouvelles dont je n'ai pas fait ici le compte-rendu. Je n'ai pas eu besoin de réfléchir longtemps pour me laisser tenter par ce livre.

Résumé :
Taheni est l'un des nouveaux mondes de l'Homéocratie, cette organisation qui depuis la révolution qui a mis fin à l'Empire a pour but de favoriser l'expansion humaine dans l'Univers sans pour autant (trop) perturber les écosystèmes... surtout s'ils accueillent des créatures intelligentes, ou susceptibles de l'être. Il se trouve que Taheni possède un écosystème luxuriant et fort dangereux. Si, lors de certaines saisons, il est possible de s'aventurer sans trop de risques dans les forêts, à d'autres moments des prédateurs et autres créatures hostiles font de la moindre expédition un très probable suicide. Taheni est pourtant habitée par les drilles, des créatures asexuées dont la biologie est presque inconnue et le mode de vie fort mystérieux. Les drilles chantent et leurs chants ont une influence considérable sur les émotions humaines. Or depuis quelques temps, les drilles envahissent les villages des colons afin d'y mourir en chantant un dernier chant... et ceux qui l'entendent sombrent dans la dépression la plus noire. Déjà certains colons s'arment et veulent exterminer les drilles avant qu'il ne soit trop tard. Les drilles sont-ils intelligents ? Pourquoi ces créatures inoffensives ont-elles d'un seul coup ce comportement si intrigant ? Lodève, inspectrice générale des Colonies, aura fort à faire pour comprendre. Quel est le terrible complot qui est à l'origine du chant de mort des drilles ?
La comparaison entre Mytale et Le Chant du Drille s'impose un peu, d'autant plus que ces deux histoires s'inscrivent dans l'univers de l'Homéocratie (je ne connais pas assez Ayerdhal pour savoir si l'on peut parler de cycle). Dans les deux cas, on est en présence d'un monde nouveau (pour le protagoniste principal) qu'il va être nécessaire de comprendre au plus vite. Parce que comme sur Mytale, rien ne fonctionne bien sur Taheni, malgré les apparences, et les suicides massifs de drilles en sont en fait le seul indice visible.

En fin de compte, l'écologie de Taheni n'est qu'assez peu abordée. On comprend qu'il s'agit d'un monde très ancien, où les formes de vie sont organisées en un super-organisme, dont les drilles seraient en quelque sorte le système immunitaire. Mais de cette "hypothèse Gaïa" au très fort potentiel, Ayerdhal se détourne assez vite pour se concentrer sur une histoire plus policière. Le comportement des drilles n'est en effet que l'expression locale d'un problème très humain, et le propos d'Ayerdhal est plutôt de montrer un changement majeur dans la structure politique de l'Homéocratie, en réponse à une situation inacceptable. Somme toute, les drilles et l'écosystème de Taheni sont un peu un prétexte à raconter une histoire de socio-fiction, chose que l'on retrouvait aussi dans Mytale - où le propos, néanmoins, était sans doute plus riche.

Sans être mauvais ni même passable, Le Chant du Drille n'est à mon avis pas la meilleure oeuvre d'Ayerdhal. Cela ne m'empêchera pas d'y revenir, et de confirmer mon impression selon laquelle il existe bel et bien une "touche" Ayerdhal.

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