Les Orphelins

Nouveau roman lu dans le cadre du Summer StarWars Episode V, un space-opera que je classerais volontiers dans le sous-genre "military-SF", découvert grâce aux bons conseils d'une libraire, écrit par un auteur dont j'ignorais jusqu'au nom. Le surtitre du livre est tout un programme à lui seul : "S'ils échouent, nous disparaîtrons..."
Résumé :

Jason Wander est un orphelin, et l'un des premiers. A dix-huit ans, il vient de perdre sa seule famille : un Projectile tombé du ciel vient de rayer de la carte une ville toute entière, en tuant tous ses habitants. D'autres, en même temps, sont tombés à d'autres endroits sur Terre. L'espèce humaine apprend ainsi qu'elle est en guerre contre un ennemi extraterrestre déterminé à l'extermination. Déjà, l'atmosphère s'obscurcit et la famine menace. Pourtant, nul ne veut renoncer. Les forces armées de chaque nation s'organisent pour la résistance, protéger les villes qui subsistent encore et trouver un moyen de riposter. Jason est enrôlé, plus ou moins contraint, dans l'infanterie de l'armée de terre. Autour de lui, les autres recrues brûlent d'en découdre avec l'ennemi basé sur Ganymède... Mais comment un simple fantassin pourrait-il jouer un rôle dans une bataille qui va se livrer à l'échelle du Système Solaire ?


En termes de military-SF, je dois dire que je n'ai pas poussé mes explorations très loin. En dehors du Cycle de Ender d'Orson Scott Card et de celui de John Scalzi ouvert par Le Vieil Homme et la Guerre, je n'ai pour ainsi dire pas de références en la matière, n'ayant même jamais lu Starship Troopers (ni vu le film pour de vrai, au passage). Pourtant, je pense avoir identifié dans ce livre quelques morceaux qui me semblent obligatoires dans ce genre : le pauvre type qui tombe dans un conflit sans trop savoir pourquoi ni comment, les classes aux mains d'un instructeur sadique et la découverte du combat réel, où le pauvre type finit en fait par s'illustrer au mieux et même mieux que les spécialistes.

Un schéma bien simpliste qui peut être cependant très marrant lorsqu'il est traité d'une façon décalée (c'était le cas dans Le Vieil Homme et la Guerre). Ici, sans pour autant être raté, l'effet n'est pas aussi bon. L'enjeu est aussi plus manichéen, l'espèce humaine étant ici menacée dans son existence sur la Terre même ; le conflit est donc présenté comme une guerre pour la survie, et les sacrifices des uns et des autres apparaissent comme autant d'actes d'héroïsme. Ajoutez là-dessus un soupçon "d'esprit de corps", le fait que les soldats de la force spatiale envoyée sur Ganymède, tanière des limaces, sont tous des orphelins (parce que leurs familles ont été tuées par les projectiles ennemis qui détruisent les villes sur Terre) et vous tenez le ferment d'un désastre aux accents militaristes. Ce qui m'ennuie le plus dans cette histoire c'est que l'auteur a l'air de s'y croire, et les traits d'humour (quand même bienvenus) ne parviennent pas bien à dégonfler une impression générale en demi-teinte.

Le bouquin n'est pourtant pas mal foutu, ça coule de source et c'est un véritable page-turner ingurgité en quelques heures, mais cette ambiance générale pose problème. A tenter si le genre ne vous débecte pas. De mon côté, je ne suis pas sûr de me lancer dans la suite (car il s'agit du premier tome d'une série, L'Orphelin, dont le deuxième volet semble déjà disponible).

NB : en raison du thème, je pense que ce livre se qualifie aussi pour le challenge post-apocalyptique Fins du Monde de Tigger Lilly...

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Commentaires

Tigger Lilly a dit…
Autant lire le vieil homme et la guerre, en gros :p