Les Rebelles de Gandahar

J'ai déjà présenté ici deux tomes du Cycle de Gandahar de Jean-Pierre Andrevon. Ceci est le troisième roman jeune public tiré de cet univers.

Résumé :
Sur Tridan, les technologies avancées ont été oubliées, mais à Gandahar, on continue à observer les étoiles. Un jour, un astronome découvre qu'un objet vient d'entrer dans l'orbite planétaire : tout montre qu'il s'agit d'un engin artificiel. Myrne Ambisextra, reine de Gandahar, envisageant que l'objet puisse s'écraser au sol et déclencher un désastre, souhaite envoyer une équipe dans l'espace pour trouver une solution au problème. Sylvin Lanvère, chevalier-servant, est investi de cette mission délicate. Accompagné d'Airelle et de deux scientifiques, ils s'inspirent de la nacelle de Cyrano de Bergerac pour rejoindre leur destination... Mais arrivés sur place, ils découvrent une véritable flotte constituée de vaisseaux en ruine, remplis de sarcophages d'hibernation ne contenant plus que des squelettes. Pourtant, il reste quelqu'un, à bord : une femme étrange, Athna, qui les ramène au sol à bord de son engin volant. A Gandahar, Athna explique être la dernière survivante d'une mission de colonisation venue de la Terre et vouloir apporter son savoir à sa planète d'adoption. Sylvin, chargé de l'assister, va découvrir que les merveilles technologiques offertes par Athna ont leur prix... Que sont les animators, ces machines toujours plus nombreuses qui travaillent sous les ordres de la femme de la Terre ? Et pourquoi les Gandahariens se divisent-ils face aux dégâts occasionnés par les grands travaux d'Athna ?
Les deux précédents volets apparaissaient un peu "simples" dans le développement de l'intrigue et dans la SF qui s'y trouvait présentée en arrière-plan. Cette fois-ci, on entre plus en avant dans le passé de Gandahar, ou pour être plus précis dans le passé de Gandahar avant Gandahar. La flotte robotisée qui arrive en orbite autour de Tridan est en effet issue du lointain passé de la colonisation humaine dans l'amas stellaire auquel appartient cette planète, et elle vient même du monde des origines, la Terre qui ne subsiste plus dans la mémoire de Gandahar que sous forme de mythes...

Qui dit flotte robotisée dit aussi haute technologie. Or Gandahar a renoncé à toute forme de technologie avancée. On comprend donc assez vite qu'il va y avoir confrontation et choc des cultures. On pourrait dire que Jean-Pierre Andrevon tient ici un discours "décroissant", les paisibles Gandahariens refusant d'exploiter les ressources naturelles de leur planète dans une course vers la richesse. L'un des personnages, dupé par les tours d'Athna (la mystérieuse visiteuse de la Terre), pressé de questions par ses amis qui veulent savoir pourquoi au juste il veut continuer à utiliser les technologies polluantes venues de la Terre, est capable de répondre qu'il veut pouvoir amasser des dollars - mais ne sait pas expliquer au juste ce que c'est. J'y vois une pique fort bien trouvée : nous savons encore quel était le nom de la monnaie qui avait cours à Rome il y a deux mille ans et Jean-Pierre Andrevon nous laisse entendre que dans trois mille ans, tout le monde aura oublié le dollar et donc les Etats-Unis d'Amérique !

Le personnage d'Athna, quant à elle, me semble fort bien trouvé. Je la classe parmi ce genre particulier de méchant que j'aimerais voir gagner, rien qu'une fois, juste pour embêter le héros un peu trop héroïque. Il faut bien reconnaître que Sylvin Lanvère, lui, n'est pas très glorieux dans cette histoire - au contraire de sa compagne Airelle qui est, elle, à l'origine de la solution au problème rencontré par Gandahar.

Une belle histoire à mettre entre toutes les mains sans hésitation !

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