Luc Orient tome 13

La série Luc Orient, après le cinquième tome, a tout à fait délaissé les personnages téranguiens et fait la part belle à de la SF plus terrestre et en prise avec les inquiétudes scientifiques montantes : manipulations génétiques, contrôle mental, drogues et même une eusociété humaine (Le sixième Continent). Sans nul doute ses auteurs étaient-ils attentifs à un monde troublé, déjà, et avaient-ils perçu le besoin, pour eux, de montrer à leurs jeunes lecteurs quelques éléments de réflexion. La série ne renonçait pas pour autant à l'aventure y compris extraterrestre, avec même une histoire d'invasion manquée (24 heures pour la Planète Terre). Néanmoins, il fallut attendre le douzième épisode (La Porte de Cristal) pour voir s'ouvrir un nouveau grand cycle dans la série. Luc Orient découvre qu'un vaisseau extraterrestre visite l'Histoire de la Terre avec régularité. Ses occupants, les Dartz, issus d'un monde anéanti par une guerre totale, cherchent un nouveau havre. Leur seul problème est que leur espace-temps est déconnecté de celui de la Terre - si bien que les êtres humains qu'ils enlèvent à des fins d'expérience proviennent d'époques éloignées. Luc Orient, sa petite amie Lora et quelques autres sont ainsi ramenés trente années dans le futur. Là, ils décident avec Hugo Kala d'accompagner les Dartz vers une autre destination, sans doute plus propice à leur installation : la planète Terango ! Cette longue odyssée semblait donc promettre des retrouvailles avec la planète visitée dans trois de ses albums les plus anciens...
Résumé :
Le Jabrakk, l'arche spatiale des Dartz, a quitté la Terre où le temps ne s'écoule pas d'une façon tolérable par les fuyards. A bord, un grave incident vient d'avoir lieu : l'ordinateur central a commis une erreur et ne délivre plus que de la nourriture empoisonnée. Le réparer pose un problème : le vaisseau va manquer d'eau. Il va falloir se ravitailler sur Roubak, une planète inhosphitalière, qui porte un surnom peu engageant : "l'Enclume de la Foudre" en raison des orages magnétiques permanents qui s'y déchaînent... Une équipe est envoyée au sol et y découvre un désert peuplé d'insectoïdes venimeux. Pour trouver de l'eau, il va falloir partir en exploration. Mais Roubak laissera-t-elle à Luc Orient le temps dont il a besoin pour percer son secret avant de déchaîner sa colère ?
Je trouve qu'il y a quelque chose de Stefan Wul dans ce tableau de Roubak, une planète hostile et en apparence désertique où Luc Orient va chercher de l'eau. Roubak, bien que désertique, n'a guère de parenté avec Arrakis. Elle abrite une faune abondante mais discrète, un peuple intelligent qui vit dans les cavernes... et surtout de l'eau, beaucoup d'eau, mais sous une forme incompréhensible aux hommes venus de la Terre comme aux Dartz.

En dehors de ceci, l'intrigue n'a rien d'extraordinaire. Luc Orient semble fatiguer un peu. Dans ce désert où la folie guette par manque d'eau, le salut ne viendra pas tant de ses capacités physiques, intellectuelles et morales supérieures que de l'astuce du professeur Kala, resté à l'abri dans l'espace...  Malgré cette platitude, l'album se termine sur une belle image, celle du vaisseau Dartz décollant d'une Roubak prête à devenir un monde-jardin, et emportant avec lui deux exilés de plus.

Un épisode qui, peut-être, interroge sur les apparences et la façon dont nos habitudes peuvent parfois nous tromper...

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