Silo Générations

On avait déjà vu passer par ici le Silo de Hugh Howey, premier tome d'une trilogie dont j'ai séché le deuxième (lequel était en réalité une préquelle). Celui-ci conclut la série.
Résumé : 
Juliette est revenue au Silo. Elle sait à présent que celui-ci n'est pas unique et qu'il est en fait le dix-huitième dans tout un ensemble, chacun capable de vivre en autarcie. Au centre de la rosace se trouve le silo numéro un, là où vivent encore les instigateurs de la conspiration qui a exterminé l'humanité. Pour Juliette, le moment est venu de tenir ses promesses : il lui faut sauver ses amis, les rescapés du silo 17, mais aussi donner un nouvel espace vital à son peuple du silo 18. Il faudra pour cela percer la muraille rocheuse qui les sépare à l'aide d'une antique excavatrice que les anciens ont abandonnée de l'autre côté de la paroi du silo 18. Juliette ne sait cependant pas tout. Même si le DIT de son silo est maintenant contrôlé par un ami, le silo 1 est encore capable d'espionner les activités subversives qu'elle veut entretenir. Et les maîtres de ces univers clos, qui ont déjà exterminé une planète entière pour en arriver à leurs fins, n'hésiteront pas à éliminer ceux qui voudraient faire éclore trop tôt leurs silos...
Comme dit en introduction de cette chronique, je n'ai pas lu la préquelle à cette série post-ap' construite par l'auteur à partir d'une nouvelle autopubliée sur Amazon, à la demande enthousiaste de ses lecteurs. Le premier volet m'avait (impression à long terme) assez convaincu, peut-être en raison de l'arrière-goût dunien de cet univers de secrets, de tabous et d'environnement toxique, et en tout cas malgré le déplaisant vernis post-ap' (qui se trouve être hélas de rigueur, compte-tenu de la manie contemporaine du circuit de production en SF). Il ne m'avait cependant pas fasciné au point d'avoir envie de savoir, au juste, comment les survivants de l'humanité avaient dû entrer dans les silos, pour échapper à l'extinction. Le présent volume peut néanmoins se lire d'une façon indépendante : il suffira de savoir - comme d'ailleurs le premier volet faisait mieux que le laisser entendre - que les silos sont le résultat d'une conspiration destinée à instaurer un ordre mondial nouveau. A ce titre la trilogie fait le choix facile, pour ne pas dire éculé, du complot international comme argument central. Et à ce titre encore le dernier tome de cette histoire en montrera la résolution inattendue, car même si les complots sont censés être mis en oeuvre par des sales types, les "petites mains" en sont parfois réformables.

En dehors de cet arc narratif qui dépasse le temps fictionnel de ce troisième volume, il faut reconnaître que l'intrigue se cantonne quelque peu à un papillonnage entre les différents silos et aux actions simultanées de leurs occupants. Les enjeux des expériences de Juliette sont vite perdus dans l'urgence de fin du monde qui s'instaure dès la moitié du roman écoulée. Ceux des bricolages des deux rebelles à l'ordre du premier silo s'en trouvent aussi bien vite perdus de vue. En fin de compte, que reste-t-il de cette histoire ? La fin, ouverte et positive ainsi qu'il se doit, ce qui est un bon point de nos jours, et l'énergie développée pas toujours à bon escient par le personnage principal. Juliette n'est pas sotte et, si le traitement herbertien de cette histoire avait été conduit jusqu'à son terme, elle aurait sans doute acquis d'une façon bien plus nette un statut d'être humain évolué : ici, elle se contente de revêtir presque sans l'avoir voulu la robe d'un guide en exode. Le contexte de l'oeuvre entière en prend une saveur toute particulière - et celui de ce monde nouveau qu'il faudra créer hors des silos en apparaît de ce fait bien orienté.

Ces défauts, d'une façon étrange, ne nuisent pas à la lisibilité du roman. Ecrit et découpé d'une façon tonique, jonglant avec les lieux et les personnages sans que le procédé n'en apparaisse trop artificiel, construit autour d'un concept plus nouveau que son argument, Silo Générations est un véritable page-turner. Et s'il ne révèle rien ou presque sur la nature lamentable et glorieuse à la fois de notre espèce, au moins a-t-il le mérite pour son lecteur de le divertir un bon moment...

Commentaires

Lune a dit…
Le second (la prequelle) a été mon préféré des trois en fait ! celui-ci m'a paru court et sans trop d'intérêt, à part conclure de manière classique une trilogie sympathique. Divertissant comme tu dis !
Anudar Bruseis a dit…
La flemme de lire le deuxième, d'autant plus que le troisième spoile un peu tout du coup :P On verra si je tombe à court de carbu dans les mois qui viennent.