Les voleurs d'étoiles

Edmond Hamilton est présenté comme l'un des inventeurs du space-opera. Pour ma première participation au Summer StarWars lancé par Lhisbei du RSF Blog, je me suis dit que j'aurais pu choisir pire. Néanmoins, si j'ai lu cette nouvelle, et si j'en fais le compte-rendu, c'est surtout parce qu'elle figure dans une anthologie anglophone, The Space Opera Renaissance (éditée par David G. Hartwell et Kathryn Cramer), que je me propose de lire et de présenter au fil de l'Eté... Pour être tout à fait honnête, je dois préciser que cette anthologie est en souffrance dans ma pile de livres depuis Avril 2009. Et que le Summer StarWars tombe bien pour m'inciter à me lancer dedans. Les voleurs d'étoiles (The Star Stealers) est la nouvelle, datant de 1929, ouvrant l'anthologie...

Résumé :
Dans un lointain futur, les huit planètes du Système Solaire ont été colonisées. L'espèce humaine fait partie de la Fédération Stellaire. La flotte de la Fédération protège les vaisseaux commerciaux de toutes les races intelligentes contre les assauts des pirates. Ran Rarak, originaire du Système Solaire, commande l'un de ces vaisseaux de bataille lorsqu'un ordre inhabituel lui est transmis : son vaisseau doit rentrer sur Neptune le plus vite possible. Une menace pèse en effet sur le Système Solaire et donc sur l'espèce humaine : une étoile sombre, venue de l'espace intergalactique, est sur une trajectoire qui va la conduire à entraîner avec elle hors de la Galaxie le Soleil et toutes ses planètes... Le Bureau de la Connaissance Astronomique souhaite envoyer une mission pour enquêter ainsi qu'intervenir avant qu'il ne soit trop tard. Le vaisseau de Ran Rarak devra diriger une flottille chargée de conduire les investigations. Mais une fois sur place, les vaisseaux du Système Solaire découvrent que l'étoile sombre est le siège d'une civilisation à la fois très puissante et très hostile...
Alors ça c'est du bon space-opera bien rétro comme je l'aime ! On trouve de tout là-dedans. Quelques noms d'étoiles lâchés plus ou moins au hasard. Le vaisseau qui accélère et vole à plusieurs milliers de fois la vitesse de la lumière. L'étoile sombre qui se déplace à une vitesse non précisée. Les extraterrestres ennemis, noirs et avec des tentacules bien entendu. Sans compter les notions d'astronomie et de planétologie approximatives (Neptune qui a subi la terraformation). Mais que c'est bon ! Edmond Hamilton se paye même le luxe d'introduire un personnage féminin qui ne fait pas trop potiche (puisque c'est l'une de celles qui survit à la captivité). J'ignore si cette nouvelle a été traduite en français mais il faut s'y jeter dessus à la première occasion, parce qu'elle représente très bien le genre tel qu'il a été popularisé il y a maintenant pas moins de quatre-vingts ans...

Quelques critiques, malgré tout, parce qu'il en faut : mis à part les invraisemblances scientifiques (lesquelles n'en étaient peut-être pas, ou alors pas si évidentes, à l'époque où la nouvelle a été rédigée), la situation très peu enviable des personnages prisonniers sur l'étoile sombre est résolue grâce à deux événements qui font un peu deus ex macchina. L'un des extraterrestres commet l'erreur de laisser un objet à la portée des captifs (alors qu'ils étaient soumis à une garde sévère jusqu'alors) leur permettant de s'évader. Après quoi, lorsque tout espoir semble perdu, la flotte de la Fédération arrive pile au bon moment, avertie par le seul vaisseau de la flottille qui ait pu s'échapper de la première bataille... Petits défauts, sans doute, qui confèrent à la nouvelle un aspect rétro d'autant plus marqué. J'espère que le reste de l'anthologie sera bien à la hauteur.
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Commentaires

Lhisbei a dit…
1929 ? pas mal du tout. tu seras bientôt l'historien du Space op ;)
Anudar a dit…
Tiens, voilà le titre qu'il me faudra sur Planet SF :p ...
El Jc a dit…
Merci pour ce petit travail d'archéologue. Toujours plaisant de découvrir de petites merveilles enfouies sous une tonne de poussière ;o)