JoJo's Bizarre Adventure : Chapter 1

Il arrive que parfois l'on aille voir des films sans trop savoir pour quelle raison : un ami vous en signale l'existence et/ou son intention d'y aller, vous jetez un coup d'oeil au pitch et d'un seul coup vous êtes saisi de l'envie d'aller en juger par vous-même. Celui-ci est adapté d'un manga, que je n'ai pas lu et dont j'ignorais jusqu'à l'existence : autant dire que j'ignorais tout de ce dans quoi je m'apprêtais à me lancer...

Résumé : 
Koichi est un lycéen ordinaire qui débarque dans une ville et un établissement scolaire qu'il ne connaît pas : désirant se faire des amis, voilà qu'il rencontre lors de son premier jour de classe l'étonnant Josuke. Celui-ci possède une coiffure surprenante, et ne tolère pas que l'on fasse des commentaires désobligeants à ce sujet : quand cela se produit, des choses déplaisantes arrivent au malheureux qui a eu la langue trop bien pendue. C'est que Josuke  - connu sous le surnom de JoJo - est un Stand User : il possède une aura capable de faire fusionner ou se dissocier les objets qui l'entourent, lui donnant le pouvoir de détruire, de blesser, mais aussi de guérir. La ville a toutefois un problème inattendu qui gêne de plus en plus le grand-père policier de Josuke : plusieurs meurtres en perturbent la tranquillité. Un Stand User nommé Angelo semble agir dans l'ombre, son Stand lui conférant la maîtrise de l'eau... Suite à une première altercation avec Josuke, Angelo prend la décision de se livrer à une cruelle vengeance : est-il bien le seul danger qui traîne en ville ou bien serait-il manipulé lui-même par un Stand User plus puissant et plus hostile encore ?
Bien.

Lorsque Cedric et moi-même fûmes sortis de ce film, je me suis demandé ce que j'allais pouvoir trouver à en dire. Commençons donc par le commencement : il s'agit d'un shônen très bien caractérisé, dont le personnage principal est un avatar lointain de Harry Potter - il dispose de pouvoirs magiques mais ne sait pas qu'il appartient à une famille de sorciers, pardon, de Stand Users - et qui, face à des ennemis de plus en plus puissants, va développer toute l'étendue de ses propres pouvoirs sans jamais perdre de vue ses valeurs morales. Josuke semble avoir fait sienne la volonté acharnée de son grand-père de protéger les gens de la ville - mais là où son grand-père est un policier au-delà de toute volonté de promotion, lui finit par endosser son destin de sorcier, prêt à se salir les mains à coups de Stand, éliminant ses ennemis sans haine - bien que parfois d'une façon horrifiante - et surtout avec toute la force de son intelligence. Un shônen très bien caractérisé, je vous dis, avec une bonne dose parfois d'autodérision - à moins qu'il ne s'agisse d'un humour japonais déjanté, ou des deux en même temps.

Il est certain que l'on rit beaucoup devant JoJo's Bizarre Adventure : Chapter 1. D'abord parce que, par moments, c'est de toute évidence destiné à faire rire. Ensuite à cause des choix graphiques de la chose : la coiffure du héros est un personnage à part entière de ce film et l'on se demande assez vite s'il s'agit d'une perruque ou du chef-d'oeuvre d'un coiffeur sous acide. Et enfin parce que l'histoire et ses dialogues, parfois - souvent - confinent au WTF le plus absolu. Ajoutez à ceci des effets spéciaux pas plus pourris que ceux de certaines productions hollywoodiennes contemporaines, et des acteurs qui ne jouent pas plus mal que certains acteurs hollywoodiens contemporains : vous obtiendrez un film qui pourrait bel et bien ressembler à JoJo's Bizarre Adventure, dont le titre à lui seul mériterait qu'il soit exploité en France histoire de troller une tonne de parents innocents. Et si vous ne me croyez pas, n'hésitez pas à demander à Cedric ce qu'il s'est passé quand je lui ai murmuré à l'oreille "tu imagines ce film doublé en français ?" Le fait est que la salle des Utopiales 2017 où ce film était diffusé - la salle Dune, c'était un signe - a semble-t-il apprécié ce film tout autant et de la même façon que nous, certaines scènes déclenchant l'hilarité du public et même des applaudissements.

Comme quoi, il peut arriver que l'on ne sache pas ce que l'on va voir et que l'on apprécie quand même le spectacle servi. Pouvais-je rêver meilleure façon de démarrer ma présence aux Utopiales cette année ?

Commentaires

Salut, j'vais faire ma puriste mais d'après ce que tu dis jojo est un shonen nekketsu, sous genre du shonen. Shonen veut dire pour jeunes ados hommes, mais c'est pas forcément de la baston pour autant, en tout cas pas autant que le nekketsu qui est très codifié : le héros et ses amis rencontrent des méchants toujours plus fort, ce qui force le héros à se depasser encore et encore (jusqu'à être quasiment l'équivalent d'un dieu à cause de la surenchère). Les plus connus : dragon ball, les chevaliers du zodiaque (saint seiya)...
Des shonen tranche de vie n'ont par exemple pas de baston.

Bref j'ai bcp entendu parler de jojo, qui a été adapté en anime si t'as envie. C'est volontairement une saga complètement barré, au comique loufoque assumé. Après j'ai jamais regardé parce que c'est assez noir aussi. La saga suit la même famille sur des générations, et suivant l'arc ça semble plus ou moins violent et classé parfois seinen (pour adulte) puisque apparemment la série mise pas mal sur la psychologie. Après en film live comme t'as vu c'est forcément plus aseptisé et résumé, par ex le principe de magie dont j'ai oublié le nom n'apparaît pas dès les premiers arcs. T'as de la chance qu'il soit réussit, en général les acteurs surjouent autant que dans un anime et ça passe pas très bien à l'écran lol
Après les films live de Kenshin le vagabond sont particulièrement reussis, ils ont bonne réputation et c'est mérité.
Anudar Bruseis a dit…
Je t'avouerai que je ne cherche pas à préciser à ce point les étiquettes sur mon blog, les genres par essence étant fluides. Et du reste, où classerais-tu un "Hikaru no Go" où il n'y a pas de baston stricto sensu mais qui correspond, par l'intermédiaire du jeu de go, plutôt à du shônen nekketsu qu'à du simple shônen :P ?

Pour en revenir à ce film, regardé au troisième degré c'est on ne peut plus marrant, mais je ne garantis pas de m'intéresser à la suite... et je ne pense pas non plus m'intéresser au manga. Déjà que j'ai laissé tomber "Bleach" après le tome 51 et quelques... ça ne va pas être pour faire une rechute...
Oui bien sûr les étiquettes ne sont pas aussi figé, le «pire» etant x 1999 de clamp, classé comme shojo car ça commence comme tel, mais ça vire très vite à du gore et du drame psychologique qui devrait le classer en seinen, le drame étant les jeunes qui commencent la série en pensant que ça va être un truc à l'eau de rose ! Bref les étiquettes c'est comme en sff c'est pas aussi figé que ça en à l'air, je précisais juste le côté nekketsu pour que les novices passant par là ne fassent pas l'amalgame shonen=baston.
Mais fait donc une rechute mouhaha, vive les mangas :-P je savais pas que t'avais eut ta période manga.
Anudar Bruseis a dit…
Ce n'était pas non plus un secret ;)

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