Solo : A Star Wars Story

Nouveau spin-off dans la saga Star Wars, moins de six mois après la sortie de l'Episode VIII : il était temps de recharger un peu les batteries pour attendre avec pas trop d'impatience la sortie future de l'Episode IX !
Résumé : 
Sur Corellia, l'Empire entretient des chantiers spatiaux desquels sortent un par un les vaisseaux de ses guerres sans fin... Il y survit tant bien que mal un petit peuple d'ouvriers qui, pas tout à fait esclaves mais pas tout à fait libres non plus, triment sous la coupe des syndicats du crime. Le jeune Han est un de ceux-là, et à force de rêver d'étoiles, il vole à Lady Proxima - le parrain du crime qui l'emploie - un échantillon du précieux coaxium qui sert de carburant aux vaisseaux spatiaux. Sa fuite avec la belle Qi'ra tourne mal : celle qu'il aime est capturée in extremis, et pour éviter de retomber dans les griffes de Lady Proxima, il n'a pas d'autre choix que de s'engager dans les troupes impériales. Quelques années plus tard, perdu dans le bourbier d'une sale guerre, Han entrevoit une opportunité de déserter puis de retourner sur Corellia pour sauver Qi'ra. Il ne sait pas quelles difficultés vont se mettre en travers de sa quête... Et il ne sait pas non plus qu'il va bientôt pouvoir compter sur un allié précieux, à même de rendre caduc le nom que l'Empire lui a donné !
Han Solo : troisième héros de Star Wars à faire son apparition dans l'Episode IV, premier à tirer sa révérence dans l'Episode VII, objet de l'une des plus invraisemblables controverses qui puisse exister entre un auteur et ses fans, incarné de 1977 à 2015 par Harrison Ford, et surtout moitié gauche - la plus fantasque ! - du personnage bicéphale qu'il incarne avec Chewbacca... Dans l'histoire de la famille Skywalker qui constitue l'épine dorsale de Star Wars, Han Solo est l'ami proche qui gravite autour des jumeaux Jedi et passe de l'incrédulité à la croyance en la Force, mais aussi de l'assistance intéressée à celle que dicte l'honneur... et même de l'exaspération à l'amour. Han Solo n'est pas un héros facile à cerner : là où le chemin de Luke se fait le long d'une voie tracée par des mentors de prestige, là où Leia irradie de toute la force des convictions, Han possède un penchant appuyé pour les combines, les bricolages et même la chance. D'une certaine façon, Han se révèle plus accessible en humanité que Luke et Leia : il n'y a rien de surprenant qu'il soit investi d'un tel potentiel comique dans la première trilogie... Etait-il sage, dans ces conditions, de dévoiler dans quelles conditions Han est devenu Solo ? C'était l'objectif de ce film, un objectif plus risqué qu'il y paraît au premier abord - parce qu'après tout, pouvait-il y avoir un Han avant qu'existe Han Solo ?

De ce schéma qui était donc tout à fait casse-gueule, les auteurs de ce film ont tiré une histoire somme toute assez vraisemblable. Il s'agissait de montrer en quoi le caractère de Han Solo était déjà bien trempé avant qu'il ne devienne le contrebandier qui devait un jour croiser Luke dans la Cantina de Mos Eisley : comme le montre la séquence corellienne, Han se révèle alors déjà capable des plans les plus invraisemblables, surtout lorsque son adversaire est une créature monstrueuse évoquant une chenille aussi albinos qu'aquatique ; son principal atout sera d'ores et déjà son talent de pilote émérite. Mais pour devenir Solo, il ne lui suffira pas de croiser la route d'un sergent recruteur : il lui faudra aussi vivre les événements qui achèveront de construire son caractère. Les rencontres - celle de Chewbacca, celle de Lando Calrissian et même celle d'un Falcon Millenium que l'on découvre en bien meilleur état que jamais auparavant - ne suffisent pas à expliquer cette métamorphose : toutes sont positives, pour une raison ou pour une autre, et donc inefficaces pour expliquer le matérialisme presque cynique de Han Solo dans l'Episode IV ; plus efficaces en réalité seront les séparations répétées de Han et de Qi'ra qui, au fil de leurs échanges de dés porte-bonheur, se témoigneront une affection réelle mais condamnée par les circonstances du passé comme du présent. Telle est, au fond, l'origine réelle du personnage tel qu'on le découvre dans l'Episode IV.

Solo peut donc se comprendre comme un roman d'apprentissage dans un univers hamiltonien : si la leçon est amère pour le jeune homme, elle est adoucie par les gains indéniables qui seront les siens au terme de l'histoire... et en particulier par l'amitié inébranlable qu'il aura construite avec son partenaire de toujours, le fameux Chewbacca. L'exercice était périlleux : sans être parfaite, sans même surprendre autant que celle de Rogue One, la performance de ce film se révèle mieux qu'acceptable. A la différence de cet autre spin-off, Solo prend le risque d'ouvrir beaucoup plus de pistes étonnantes que je ne spoilerai pas ici : était-ce bien sage dans la mesure où les films à venir, peut-être, ne seront pas en mesure de les explorer ? Pour en juger, il faudra y revenir dans quelques années... afin de voir si Han Solo est en fin de compte resté lui-même.

Une fois de plus, je remercie mon cousin Valentin qui a bien voulu m'accompagner lors de cette sortie cinéma !

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