Rogue One : A Star Wars Story

Bienheureux les enfants et futurs geeks nés après l'an 2000 ! Car, grâce à la magie du cinéma, ils vont pouvoir grandir dans le monde de la troisième folie Star Wars... Trop petit pour avoir bien connu la première, trop grand peut-être pour apprécier à sa juste valeur la deuxième, je mesure la chance qui est la leur. Après l'Episode VII l'année dernière - que j'avais trouvé mieux qu'intéressant - il est temps de se pencher sur le premier spin-off de l'univers Star Wars, à travers le très attendu Rogue One. Fidèle à une promesse donnée, j'y ai été accompagné par mon petit cousin, dans une salle IMAX à Lyon (enfin, dans sa proche banlieue)... Avertissement : cet article pouvant contenir des spoilers, sa lecture se fait aux risques et périls de son lecteur.
Résumé : 
Moins de vingt ans après la fin de la guerre des clones, ce sont des temps sombres pour la Galaxie. Le sinistre Empire étend son pouvoir dans toutes les directions et aucun monde ne semble assez reculé pour abriter ceux qui cherchent à échapper à son emprise... Telle est la leçon apprise par Jyn Erso : petite fille, elle assiste à l'exécution de sa mère et à la capture de son père (ingénieur spatial de renom) par un sbire de l'Empereur, avant d'être recueillie par un rebelle du nom de Saw Gerrera. Des années plus tard, Jyn qui croupit dans une colonie pénitentiaire impériale est libérée par un raid. Les rebelles dirigés par Mon Mothma ont eu vent d'un message de son père selon lequel l'Empire serait sur le point de tester une arme terrifiante, à même de détruire des planètes entières. Pour obtenir l'accès au message de son père, et peut-être même de le tirer des griffes de l'Empire, Jyn va devoir coopérer avec le capitaine Cassian Andor et un droide stratège reprogrammé : une alliance inconfortable qui part à la recherche de Gerrera. Celui-ci, ayant rompu avec Mon Mothma pour conduire sa propre rébellion, se terre sur une planète où les Jedi maintenant exterminés avaient construit un temple, dont l'Empire est en train de piller les précieux cristaux dont ils faisaient leurs sabres laser... Le père de Jyn a-t-il produit le tueur de planètes dont parle la rumeur ?
Rogue One, c'est un Star Wars sans l'ensemble de la mythologie Star Wars. Là où la prélogie si décriée donnait lieu à d'abondants combats au sabre laser (et ce dès l'Episode I), là où l'Episode VII explorait une partie du futur des héros de la première trilogie, on se trouve ici face à un ensemble cohérent qui tient sans problème lieu de one-shot. Les personnages sont d'une certaine façon à usage unique, leur destin tout entier compris dans le temps fictionnel qui nous est offert ici. L'intrigue elle-même se noue puis se dénoue dans le même temps : que les personnages soient fatigués par leur lutte incessante et choisissent de succomber à un cataclysme plutôt que de continuer, qu'ils aient conscience d'avoir accompli leur rôle à la fin de ce film ou qu'ils ne soient présents que pour un temps limité, il est clair depuis le départ que cette histoire sera autonome de tout le reste. Rogue One, c'est le nom d'une mission, celle d'un raid désespéré sur une banque de donnée impériale où l'on trouve rien de moins que les plans de la fameuse Etoile Noire - ceux qui sont l'enjeu de la première partie de l'Episode IV : le raid étant désespéré, le succès des membres de la mission est pour le moins inespéré - mais il a en toute logique le goût amer du sacrifice, lequel est pressenti par chacun des combattants de la liberté qui s'y engagent, et par le spectateur lui aussi lorsqu'il sent que se referme la nasse. Jamais Star Wars n'a épargné ses personnages ou ses spectateurs, et pourtant, c'est dans Rogue One que l'ambiance est la plus sombre. L'absence de séquence introductive initiale et les choix musicaux annonçaient déjà ce qui apparaît évident une fois la projection terminée : même si ce film s'inscrit dans l'univers de Star Wars, il s'agit de quelque chose de nouveau.

Le fan-service est pourtant fait avec une efficacité impressionnante : on coche bien volontiers toutes les cases, entre les lieux visités (tiens, encore une planète désertique... tiens, ça serait pas Mustafar, ça ?), les thèmes musicaux familiers qui viennent faire leur apparition au milieu d'une partition différente, et bien entendu les caméos de personnages venus des deux trilogies dont (entre autres : j'en laisse de côté) Mon Mothma, le grand Moff Tarkin plus vrai que nature - et pour cause : il est en images de synthèse ! - Bail Organa et Dark Vador. Au sujet de ce dernier, le corps torturé d'Anakin Skywalker semble désormais bien loin derrière lui même si on l'entr'aperçoit à l'intérieur d'un caisson médical : c'est ici le Dark Vador de l'Episode IV qui se présente sous nos yeux, celui qui n'hésite jamais à étrangler ses subordonnés quand il s'agit de leur donner une leçon, celui qui tue de sang froid et contre qui de simples humains sont impuissants. Rogue One apparaît ici comme un véritable chaînon manquant - si tant est que cette expression puisse posséder un sens ! - entre la première et la deuxième trilogie... et réussit donc cette gageure de raconter l'histoire avant l'histoire, cette mission impossible sur laquelle tant d'écrivains et de scénaristes se sont cassés les dents. Il n'y a rien de surprenant à ce que Rogue One soit pour moi si enthousiasmant. Les dernières minutes du film, à la saveur douce-amère, parachèvent la jonction avec la trilogie originale : l'Episode IV peut s'insérer en guise de suite immédiate, son intrigue pouvant démarrer dans les heures voire les minutes qui suivent le dernier instant de Rogue One. Et pour ceux que désespèrent le sort de Jyn et de son équipe hétéroclite, l'intervention surprise d'un ultime personnage illumine le spectacle : certes, les rebelles sont épuisés, certes, leur lutte paraît sans espoir... mais nous, vieux spectateurs de Star Wars, nous savons qu'ils ont eu raison - et que d'autres achèveront la tâche qu'ils ont entreprise. Beau travail, bravo !

Je saisis l'occasion de remercier ici mon petit cousin Valentin sans qui cette excellente soirée n'aurait pas eu lieu : on recommence quand tu veux.

Commentaires

Vert a dit…
Une très bonne surprise ce film. Je ne suis pas sûre qu'il restera dans les mémoires mais pour un spin-off, c'est un très bon spin-off !
Anudar Bruseis a dit…
Très bon, nous sommes d'accord !