Albator, Corsaire de l'Espace

Albator, le capitaine corsaire, n'est pas un inconnu sur ce blog.  Déjà croisé lors des chroniques de la série manga de laquelle tout est parti pour le personnage, le voilà qui revient à bord de l'Arcadia pour une nouvelle quête... À moins que ce ne soit toujours la même ?
Résumé :  
Dans un futur lointain, l'espèce humaine, bien qu'ayant colonisé une bonne partie de la Galaxie, a été bien vite confrontée à l'épuisement des ressources de ses nouveaux mondes. Beaucoup d'êtres humains ont voulu alors revenir sur Terre, déclenchant alors la "guerre du retour" : la planète bleue, joyau du Système Solaire, ne pouvait les accueillir tous. La Coalition Gaïa s'est alors formée pour mettre fin à la guerre, proclamant que la Terre était vouée à être un sanctuaire et que nul ne serait plus autorisé à y poser le pied. Cent ans plus tard, seul le corsaire Albator s'oppose à la Coalition Gaïa : il détient un cuirassé de classe Death Shadow ainsi que le dernier générateur de matière noire. On le dit immortel : sa légende inspire ceux qui, sur les mondes humains en pleine décadence, n'ont pas renoncé à mettre le pied sur Terre...
Le fan convaincu d'Albator que je suis n'en étant pas moins mauvaise langue, je ne pourrai m'empêcher de commencer par relever les nombreux points communs que partagent les différentes expressions de l'univers du capitaine corsaire. Point de Sylvidres dans ce dessin animé, pas plus que d'Humanoïdes, mais comme dans les séries où apparaissent ces antagonistes l'ennemi principal est encore et toujours la décadence et l'apathie d'une humanité vieillie trop tôt. En face, l'équipage de l'Arcadia - où nous retrouverons, parfois sous des noms différents, les inévitables Miimé, Nausicaa et Alfred (celui d'Albator 78, pas celui d'Albator 84 dont le vrai nom est Toshiro... Vous suivez ?) - se caractérise au contraire par sa volonté de liberté, soit donc, par un élan vital non encore réprimé. Au dessus plane l'ombre du capitaine, figure mystérieuse, mutique, et presque inquiétante, qui cache pourtant de secrets aussi lourds que très humains. Autant dire que le fan se trouve en terrain connu et confortable, sans pour autant que le néophyte se sente mis à l'écart.

C'est ici que le dessin animé trouve toute sa puissance. Les fans le savent, l'univers d'Albator se renouvelle à chaque épisode ou presque. On retrouvera ici des figures familières, qu'elles soient ou non nommées comme dans les séries déjà citées. Mais on trouvera surtout un renouvellement graphique et scénaristique de fort bon aloi pour un univers qui va vers ses quarante ans... Leiji Matsumoto, sensible sans doute aux incertitudes qui pèsent sur l'avenir, propose une œuvre sombre et qui pourtant crache aux gueules du désespoir et du mensonge. La fin du voyage - à moins que ce ne soit le début d'un nouveau ! - offre une explication aussi réaliste que magique à l'immortalité supposée du capitaine. Plus qu'un homme, moins qu'un surhomme, le personnage Albator est en réalité une idée. Belle leçon de SF : merci.

Commentaires

Guillaume44 a dit…
Je crois que je le prendrai en DVD car cela va être difficile de le voir au cinéma pour moi. Mais quelle belle idée ils ont eu de faire revivre Albator à l'écran !
Endea a dit…
Albator, Albator, de bâbord à tribord ^^ C'est un film que j'ai très envie de voir évidement, comme je regrette d'autant plus de ne pas avoir été aux Utopiales ! Bon cela dit je risque aussi d'attendre sa sortie en DVD.
Anudar a dit…
C'est vrai qu'il donne l'impression d'être peu diffusé. Mais oui, à voir !
Anudar a dit…
C'est vrai que le voir au ciné... Relève d'une expérience ;)
Escrocgriffe a dit…
Content de lire une chronique positive, ça me rassure un peu. J’essaierai de le voir au cinéma s’il est encore à l’affiche.
Anudar a dit…
Essaie d'aller vite, j'ai l'impression qu'il est peu diffusé.
aaaaaaaaaaah ! enfin un avis positif sur ce film. Beaucoup de personnes le descendent. Pourtant l'âme du personnage est là. L'enfant que je suis qui regardait Albator dans les années 80 a été convaincu par ce long métrage certes sombre mais poétique ! Et visuellement, la claque quand même !
Anudar a dit…
Sombre mais poétique, c'est-à-dire, du Matsumoto tout craché !