Cor Serpentis

De Ivan Efremov j'ai déjà parlé ici de La Nébuleuse d'Andromède et de L'Heure du Taureau. Entre ces deux romans, se trouve une nouvelle un peu longue (ce que les anglo-saxons appellent une novela) où l'auteur soviétique reprend, sur le même ton optimiste que dans La Nébuleuse d'Andromède, le thème de l'exploration spatiale et du contact avec des civilisations extra-terrestres. Quoi de mieux, pour ma première participation au Summer StarWars Episode V (que j'abrègerai désormais en SSWEV, pardon Lhisbei), que de m'attaquer à cette nouvelle quasi introuvable en version française ? Parce que moi, eh bien, je l'ai.

Résumé :
Le Tellour est un vaisseau spatial à pulsation de dernière génération, que la Terre a envoyé dans l'espace profond à des fins de recherche scientifique. Sa propulsion lui permet d'atteindre des vitesses inaccessibles aux précédentes générations de vaisseaux, mais malgré tout, les voyageurs ne reviendront pas sur Terre avant que sept cents ans ne se soient écoulés. Une certaine tristesse emplit chacun, car ils savent qu'ils trouveront leur monde natal changé au retour. Un jour, pourtant, un événement inouï leur fait oublier pour un moment la distance qui les sépare de la Terre : voilà qu'ils croisent un autre vaisseau spatial, dans une région où ils n'ont aucune chance de trouver d'autres explorateurs de la Terre. Ils sont donc sur le point de se changer en véritables ambassadeurs auprès d'une autre civilisation... Les autres seront-ils amicaux ?
Il s'agit en fait d'une histoire de premier contact. Là où la SF anglo-saxonne imagine volontiers, à la même époque (fin des années cinquante, début des années soixante) l'arrivée d'êtres humains sur une planète étrangère ou au contraire l'arrivée de visiteurs extraterrestres sur Terre, Ivan Efremov propose quant à lui une rencontre fortuite lors d'une exploration spatiale : somme toute, des circonstances originales. Il prend soin, aussi, d'imaginer une civilisation qui s'est développée à partir d'une biochimie différente, où le fluor se substitue à l'oxygène, et en déduit certaines caractéristiques de son environnement naturel.

A cette rigueur scientifique s'associe, une fois de plus, un optimisme inébranlable : s'ils ont trouvé la voie de l'espace, les gens de la planète au fluor ne peuvent que vivre selon les règles d'une civilisation scientifique - ce qu'il faut comprendre comme communiste. L'écriture de Cor Serpentis est antérieure à celle de L'Heure du Taureau et l'auteur, à l'époque, ne semble se poser aucune question quant à l'éventuelle inadéquation entre le fonctionnement de l'Union Soviétique et l'idéologie dont elle se réclame. La Russie est d'ailleurs présentée, dans cette nouvelle, comme le noyau de la civilisation communiste des temps à venir - chose qui n'était pas aussi nette dans L'Heure du Taureau... Voilà qui montre bien que la pensée d'Ivan Efremov a dû évoluer, dans l'intervalle.

De ce premier contact très scientifique, il n'exclut pourtant pas les émotions : les deux groupes, bien que séparés par la biochimie, sont capables d'apprendre à devenir sensibles à la beauté des autres, à tel point que la séparation finale constitue un véritable déchirement - mais propice, optimisme oblige, à un nouveau défi...

A tenter si vous pouvez mettre la main dessus !

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