Autremonde tome 5 : Oz

Cela faisait plusieurs mois que je ne m'étais pas penché sur les suites de la série Autremonde par Maxime Chattam : j'attendais en effet la parution des tomes suivants en poche - et la série étant, au moment où j'écris ces lignes, en cours d'écriture, il était inévitable que cela se mette à tarder. Toutefois, il m'a été possible d'emprunter ce cinquième tome en bibliothèque, me permettant de continuer mon exploration d'Autremonde... On saisira l'occasion pour encore dire merci à la personne qui m'a signalé l'existence de cette série, avant d'en passer à la chronique de rigueur.
Résumé : 
Eden le sait à présent, un nouvel ennemi - plus redoutable encore que le royaume disparu de Malronce - vient de faire son apparition. La brume d'Entropia, au service de Ggl, coalescence de la technologie et des résidus toxiques de la pollution de l'ancien monde, s'étend depuis le Nord et promet la destruction. Personne, ni les Pans d'Eden ni les Maturs du roi Balthazar, ne peut s'opposer à son avancée ni même résister aux créatures monstrueuses qui lui obéissent... Pour vaincre, il faudra que Ambre absorbe deux autres "coeurs de la Terre", ces sources considérables d'énergie vitale. Elle en possède déjà un, mais les deux autres sont en Europe et peut-être en Asie. Pour Matt et ses amis, le destin semble tout tracé : il faut traverser l'Atlantique d'Ouest en Est afin de rejoindre les "coeurs de la Terre" dont le premier se trouve à Paris. Le voyage promet d'être mouvementé : tous les adultes d'Amérique n'ont pas fait allégeance à l'alliance des Pans et des Maturs et certains seraient prêts à tout pour reconquérir le pouvoir, y compris à servir Ggl, l'ennemi de toute forme de vie... Qu'en est-il par ailleurs de l'Europe dont nul n'a obtenu de nouvelles ? Matt, Ambre et Tobias vont y découvrir l'épouvantable empire d'Oz où le sort réservé aux enfants pourrait bien être pire que celui qui leur était offert par Malronce...
Le temps fictionnel de ce livre s'enchaîne presque sans temps mort avec celui du précédent. Matt a ici seize ans alors qu'il en avait quinze au début de la série : un temps fictionnel cumulé d'environ un an et demi pendant lequel bien des choses se sont produites, et des choses terribles à même de traumatiser plus d'un adolescent. L'occasion pour lui, sinon de mûrir, du moins d'acquérir - bon gré mal gré - une stature de leader. L'expédition en Europe va reposer en grande partie sur lui, depuis l'organisation jusqu'à l'improvisation nécessaire face à l'adversité, renforçant le personnage dans sa position de héros. A ses côtés, la gentille et puissante Ambre, véritable "élue" destinée à recueillir les "coeurs de la Terre" : elle sauve souvent la mise aux personnages quand tout semble perdu. Le héros de cette histoire est en fait bicéphale et ce n'est pas un hasard si l'intérêt sentimental entre Matt et Ambre s'achemine peu à peu vers un tour plus sexuel. Dans ce contexte, le personnage de Tobias - que je n'avais jamais trouvé très consistant - reste à part dans la célèbre "Alliance des Trois" : premier allié de Matt, il se trouve ici d'autant plus mis en retrait sauf lorsque Ambre se trouve séparée de Matt, le trio ne fonctionnant jamais tout à fait comme un trio... et c'est dommage.

Les péripéties du voyage en Europe - depuis les incidents à bord du "Vaisseau-Vie" jusqu'au débarquement en Normandie (!) - viennent cependant soutenir un schéma sans doute un peu fragile. On regrettera, peut-être, les allusions graphiques un peu trop évidentes liées aux usines à "élixir de jouvence" de l'empereur Oz. L'idée en elle-même d'une espèce humaine déterminée à sacrifier sa descendance pour une immortalité volée semble toutefois bien plus intéressante que sa réalisation visuelle : pour la première fois, l'auteur gratifie les ennemis des Pans d'un système possédant une véritable cohérence, chose qui n'existait pas dans le royaume de Malronce qui, dans sa conception, semblait de toute façon destiné à s'effondrer en quelques décennies. L'empire d'Oz, quand à lui, a découvert le moyen de prolonger la vie de ses membres, au prix de celle de ses enfants. Or, s'ils ont oublié leur vie d'avant Autremonde, les adultes n'ont pas oublié comment produire des enfants... Le schéma est pervers et, à ce titre, va horrifier les jeunes héros de ce livre.

Que dire d'Oz, en fin de compte ? Deuxième volet du deuxième cycle de cette série, quelques éléments fort intéressants viennent en renforcer l'intérêt après un épisode précédent que j'avais perçu comme plus faible, et contribuent à pardonner un schéma qui semble parfois un peu fragile. On verra bien, à l'avenir, si l'auteur a eu raison d'enrichir sa trilogie de départ avec un deuxième cycle...

Commentaires

faelys a dit…
je viens de noter cette série pour une prochaine commande, depuis le temps que je tourne autour. je verrais si ça plait, aux zélèves comme à moi;
Anudar Bruseis a dit…
Oups, on dirait que le commentaire que j'avais envoyé en réponse au tien s'est perdu... J'en suis désolé...

Bienvenue ici pour commencer. Je pense que cela peut être lu sans problème par des ados à partir de treize ou quatorze ans. A voir en fonction de leur maturité...