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Affichage des articles du février, 2010

La première fiction

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On pourrait presque dire que le mythe de l'Atlantide raconté par Platon dans est l'argument de la première histoire de SF jamais écrite. Dans le mythe platonicien, l'Atlantide est une île située au-delà du détroit de Gibraltar, gouvernée par des rois dont la capitale est cernée de remparts et de canaux. Selon Platon, l'Atlantide aurait fait la guerre à la Cité d'Athènes avant d'être vaincue, puis plus tard submergée en un jour et une nuit, donnant ainsi son nom à l'Océan Atlantique. Le mythe a rencontré un tel succès qu'il a été repris sous différentes formes, dont certaines réinterprétées (si l'on pense par exemple à la légende de la ville d'Ys), et ce jusqu'à l'époque actuelle. On parle d'Atlantides (au pluriel) dans un nombre considérable de publications de fiction. Parfois même dans des publications qui ne sont pas de la fiction. Et parfois encore, dans ce même cas, dans des publications sérieuses. Mais c'est encore plus rare…

Pilier de l'Âge d'Or

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Il fut un temps où l'un des "visages" de Fondation, en France - ou en tout cas, de l'une de ses éditions de poche - était celui de cette couverture, celle du premier tome de la série. Si je l'ai choisie comme illustration, c'est pour deux raisons. La première est affective car c'est ce livre que j'ai tenu en mains lorsque j'ai découvert Fondation, un an après Dune. La deuxième est qu'elle résume à merveille l'intrigue des premiers développements de la série, ce qui devrait vous apparaître évident si vous connaissez l'univers, ou quand vous le connaîtrez.
Fondation est, tout comme Dune, un livre univers. C'est aussi un space-opera. Son argument initial est aussi celui de la perception de l'avenir par certains être humains. Néanmoins, les ressemblances s'arrêtent là tant l'histoire racontée, le style de narration, le parti-pris de chaque auteur et enfin l'époque de publication diffèrent. Commençons par ce dernier point…

Thune, épisode 3 : le retour du jet d'ail

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Les repreneurs du Cycle de Dune avaient annoncé leurs intentions dans la postface à leur premier volume, La Maison des Atréides : avant d'en arriver au fameux Dune 7 dont ils détenaient le synopsis écrit par Frank Herbert, ils allaient devoir introduire l'ensemble des fils narratifs censés converger dans le "bouquet final". La plupart de ces fils narratifs, selon eux, étaient noués dans le Cycle originel ainsi que dans leurs préquelles. Mais d'autres, en revanche, remontaient à une époque bien plus ancienne, à savoir, celle du fameux Jihad Butlérien évoqué à plusieurs reprises dans le Cycle ainsi que dans les préquelles. Frank Herbert n'avait écrit aucun livre sur le Jihad Butlérien : ils allaient donc devoir le faire à sa place et on allait voir ce que l'on allait voir. Lumineuse justification pour une nouvelle entreprise que l'on pourrait ainsi résumer : après nous avoir infligé une trilogie de préquelles dans l'ensemble moins que passables, il…

Le Troisième Frère

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Au fil des ans, Pierre Bordage s'est affirmé comme l'un des grands créateurs d'univers français. Depuis Les Guerriers du Silence, une trilogie âgée d'une quinzaine d'années, il s'est frotté à plusieurs genres de SF différents, depuis la novélisation de jeu vidéo (Atlantis) à un futur distopique (Wang) en passant par la fantasy historique (L'Enjomineur, pas lu). Dans tous les cas, on y retrouve une véritable "griffe" Bordage. Les concepts décrits "vont de soi" et on s'y trouve aussitôt immergé, pris dans le fil de la narration sans plus se poser de question. C'est du rêve à l'état pur. Dans le même temps, Bordage est un auteur exigeant vis-à-vis de ses personnages, n'hésitant pas à les meurtrir ou à les mettre en face d'impossibilités, souvent sentimentales, qui parfois viennent à bout d'eux.
Pierre Bordage, en ce moment, est lancé dans un gand space-opera qui promet d'être une pentalogie : La Fraternité du Panc…

Conan Doyle vs. Dan Brown

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D'un côté, l'inventeur d'un personnage élevant la rationalité au rang de véritable dogme. De l'autre, l'inventeur d'un personnage analyste en symboles. Dans les deux cas, la garantie d'une énigme policière qui sera résolue à la fin du livre. La fin justifie-t-elle les moyens ? J'aurais pu donner ce titre en interrogation à cette critique. Car il est vrai que ce Sherlock Holmes semble s'aventurer, par moments, sur le territoire d'un Da Vinci Code.
Sherlock Holmes est un anti-héros. Il vit dans cette époque victorienne interminable, au début de cette Belle Epoque où le mythe du progrès n'a pas encore été déjoué par les deux guerres mondiales. On pourrait dire qu'il est une incarnation du déductivisme : il n'y a pas de problème insoluble, il n'y a que des esprits peu affûtés ou bien, ce qui est plus grave, des yeux qui ne savent voir. Cet aspect du détective privé est assez bien rendu dans le film, où plusieurs scènes en bullet time …

Thune, épisode 2 : l'attaque des clowns

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Un an après la publication de La Maison des Atréides par Brian Herbert et Kevin J. Anderson, autoproclamés "the biggest Dune's fans", la communauté dunienne a vu arriver l'opus suivant des préquelles à Dune, La Maison Harkonnen, inaugurant d'une part la succession rapide des nouvelles publications (neuf en dix ans, et ce sans compter la publication d'un recueil, The Road to Dune), et d'autre part continuant à nouer de nouveaux fils d'intrigue tout en semant des interrogations narratives. Dans l'ensemble, la magie de la narration fonctionne encore assez bien dans le tome deux des préquelles à Dune : même certaines bizarreries, telles que par exemple le personnage de Victor Atréides dont Dune ne fait aucune mention malgré son importance supposée dans l'évolution du personnage de Leto Atréides, ne sont perçues pour telles qu'après coup, une fois le livre fermé, lors du temps de la réflexion. Néanmoins, même le lecteur enthousiaste de La Mais…

Méli-mélo d'uchronie et de "GDK"

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La théorie de la conspiration est l'un des arguments de fiction les plus récents, apparu il y a deux ou trois siècles en Occident. C'est aussi l'une des formes de fiction les plus distrayantes dès lors que la conspiration reste ce qu'elle doit rester, à savoir de la fiction, parce que lorsque des gens se mettent à y croire pour de vrai, ça n'est plus drôle du tout. Je ne vous ferai pas de dessin...
L'essentiel de l'argumentation sur la conspiration repose sur une machination exercée en haut lieu par un pouvoir maître, ou complice, de forces qui dépassent l'entendement du commun des mortels. Voir la série télévisée X-Files qui, pendant les années 1990, a popularisé dans l'un de ses génériques l'expression "government denies knowledge" que j'abrègerai en "GDK". Que les forces en question soient celles d'une société secrète, celles d'une civilisation extraterrestre hostile ou celles de créatures démoniaques et/ou love…

Thune, épisode 1 : la suite fantôme

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Le dernier des quatre Voyages de Gulliver amène le héros de Swift chez les Houynhnms, ce peuple de chevaux doués de parole et industrieux qui vivent sur une île où, au contraire, l'être humain vit selon l'absence de règles de la pire sauvagerie. L'argument permet à Swift, encore une fois, de se pencher sur ce qui fait - ou non - le propre de l'Homme. Il semblerait qu'il considère que le mensonge, ou plutôt la capacité à mentir, à moins que ce ne soit la volonté de mentir, soit l'un des propres de l'Homme. Conception quelque peu désespérante, et qui ne manque pas de désespérer son personnage en retour, mais qui ne manque pas d'intérêt philosophique. Car, inventer une histoire qui n'existe pas, n'est-ce pas mentir ("dire la chose qui n'est pas") aux yeux des braves Houynhnms si parfaits qu'ils en sont tout à faits inhumains ?
Le mensonge joue un rôle fondamental dans Dune, à travers en particulier le talent des Diseuses de Vérité …

Le Vide en littérature

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Il faut avoir un certain culot pour oser donner à un livre un titre incluant le mot "Vide". Il faut en avoir encore un peu plus pour écrire une Trilogie du Vide. Si je vous dis Peter F. Hamilton, ça vous étonne ? Est-ce que ce nom vous dit quelque chose ?
Hamilton est connu du grand public en France depuis sa grande trilogie The Night Dawn (L'Aube de la Nuit). Allez... Rupture dans le réel, vous devez bien connaître ce titre. C'est le premier tome d'un space opera gigantesque en envergure ainsi qu'en ambition, et qui est à mon sens responsable du renouveau du genre pendant les années 1990 tout comme Les Cantos d'Hypérion (dont il faudra que je parle un jour). Et quand je dis gigantesque, c'est tout d'abord à cause de ceci : L'envergure ne fait pas tout, et si The Night Dawn permet d'identifier Hamilton comme l'un des créateurs d'univers les plus prolixes de la littérature mondiale, je pense pouvoir oser dire que cette trilogie, si…

"Le Livre"

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Un jour, à une époque lointaine à présent, j'ai suivi des cours de latin. Mon professeur, qui était aussi celui que j'avais en français en Quatrième/Troisième, nous a expliqué un jour que les Romains désignaient parfois Rome par le mot "Urbs" : "la Ville". En d'autre termes, pour les Romains, Rome n'avait pas besoin de nom particulier : dire "la Ville" suffisait. Notre professeur avait conclu en substance et avec franc-parler : les Romains avaient les chevilles enflées. Vous l'avez compris, cette courte introduction a pour intention de magnifier l'importance de l'oeuvre dont je vais parler ici, à savoir, le Dune de Frank Herbert.
Dès le début, soyons clairs. Vous n'avez peut-être pas encore entendu parler de Dune, ou peut-être que si, par ouï-dire... Peut-être que vous détestez la Science-Fiction (SF), peut-être que c'est un genre que vous tenez pour mineur ou négligeable... Néanmoins, il est un fait que nul n'est au…

"C'est au début que les équilibres doivent être précis..."

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Aujourd'hui, je suis entré dans la blogosphère.
En riant, mon père dit volontiers : "ce n'est pas parce que l'on a rien à dire qu'il faut se taire..." Disons que j'ai eu envie de prendre la parole ; mais pour autant, ai-je quelque chose à dire ? Et sur quoi ?
J'ai comme représentation que l'on peut être intéressant si l'on sait de quoi on parle. Or, j'ai pour ambition d'être intéressant lorsque je parle, sinon, j'aime encore mieux ne rien dire, ou mieux, ne rien avoir à dire.
On dit de la culture que c'est ce qu'il reste quand on a tout oublié. Comme je suis affecté de l'épouvantable défaut de ne jamais rien oublier, ce blog sera celui d'un inculte assumé, pour qui le mot "bibliothèque" est à comprendre presque d'une façon étymologique : "boîte à livres". Je parlerai donc surtout ici de livres, et surtout de ceux que je connais - pour la raison sus-citée : livres que je viens de lire, livres que…