Ave Caesar Imperator

Voici ma première participation au Winter Time Travel du RSF Blog, grâce à un livre qui sommeillait dans ma PàL depuis Janvier 2009 (si j'en crois le coup de tampon et la date associée, le 27 même pour être précis). Ce livre est publié, par ailleurs, dans une collection dont le nom devrait ravir les participants au challenge : Collection Uchronie : l'Utopie devient l'Histoire...

Résumé :
Sur les décombres de l'Empire Romain d'Occident, disparu plus de cent cinquante ans auparavant, les royaumes barbares se déchirent. En Bretagne, Artus Caïus Pendraconis, le descendant du fameux roi Arthur, a rongé son frein : il est occupé, à présent, à conquérir le continent. Se considérant comme le véritable héritier de la grandeur romaine, contre l'Empire d'Orient devenant de plus en plus Byzantin, et surtout contre les chrétiens qui cherchent à faire s'éteindre le paganisme et les derniers feux de la Rome Antique, voilà qu'il arrache la Ville éternelle aux Lombards qu'il pourchasse jusque dans le Sud de l'Italie. Les intrigues de ses rivaux, qu'ils soient Grecs, chrétiens ou Arabes conquérants, ne pourront l'arrêter : il est décidé à rétablir la dignité impériale en Occident... Est-il conscient, de la sorte, d'épargner à l'Europe mille ans de ténèbres ?
Un récit qui porte sur une période obscure, et même assez peu explorée par la fiction à ma connaissance. Les témoignages de l'époque sont assez rares et peu fiables, les gens ayant eu autre chose à faire, pendant la période des grandes invasions, que de tenir des chroniques dignes de ce nom. Cette période de transition de la Basse Antiquité vers le Haut Moyen-Âge fut pourtant ce que l'on appelle une "époque intéressante", riche en événements historiques majeurs qui ont modelé en profondeur l'Histoire du monde tout entier. Ici, l'auteur - sans doute amateur de mythes arthuriens - imagine que la romanité, sauvegardée en Bretagne, vient reprendre ses droits sur sa terre d'origine, à Rome même. Cela va même plus loin : le nouvel Empereur d'Occident est décidé à couper bras et jambes au pouvoir grandissant de l'Eglise. Coup d'arrêt porté à l'extinction de la romanité en Europe et mors mis aux dents d'une Eglise de plus en plus puissante et orgueilleuse : ce sont en fait les deux ressorts principaux des ténèbres moyenâgeuses qui sont enrayés. Le parti-pris de l'auteur est clair : en les supprimant, la Renaissance arrivera mille ans plus tôt que prévu...

Quel que soit mon propre bonheur de lire une histoire fondée sur ces deux thèses auxquelles j'ai tendance à souscrire, mon objectivité me doit de signaler que ce livre pâtit de certains défauts. Outre certains points qui me font tiquer (je ne suis pas certain que le rituel de cour des Empereurs d'Orient ait été si orientalisant... ni que les ambassadeurs musulmans aient tenu de tels discours...), je dois dire que le temps fictionnel dans lequel cette histoire se développe est bien trop court. Artus conquiert Rome, rencontre deux ou trois personnes, fait quelques annonces puis part en campagne contre les Avars et c'est terminé. Où se trouve le souffle de l'Histoire là-dedans ? J'aurais bien aimé assister au moins à une bataille décisive... Par ailleurs, cette histoire est racontée à une époque très proche du point de divergence : même si les conséquences en sont déjà bien visibles, on aurait apprécié de voir quelque chose de plus grandiose. L'auteur semble avoir produit une véritable chronologie des règnes postérieurs à celui d'Artus Caïus Pendraconis : de toute évidence, il y avait d'autres choses à dire puisque l'on apprend que l'un des successeurs du nouvel Empereur d'Occident établit des contacts avec l'Inde et la Chine.

Si l'uchronie repose sur un argument très intéressant, le développement qui nous est proposé apparaît bien décevant. A moins que l'auteur n'ait eu l'intention de poursuivre l'histoire commencée par d'autres épisodes ? N'en ayant trouvé trace pour le moment, je vais devoir poursuivre ma participation avec d'autres oeuvres...


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Commentaires

Ferocias a dit…
Dans cette collection, malgré son nom, on trouve beaucoup plus d'histoire secrète que d'uchronie.
Anudar a dit…
L'histoire secrète, c'est quoi au juste, déjà ?
Ferocias a dit…
Ce n'est pas de l'uchronie. On parle d'histoire secrète quand la ligne temporelle n'est pas affectée (pas de divergence). par exemple, il y a plusieurs romans dans lesquels quelqu'un s'est substitué à Napoléon Ier. Napoléon peut finir planteur en Louisiane, pauvre hère jugé fou,... si l'Histoire telle que nous la connaissons n'est pas modifiée alors c'est de l'historie secrète.

Je vais faire un billet sur le sujet tiens ;)
Ferocias a dit…
A lire sur mon blog:

http://lespeuplesdusoleil.hautetfort.com/archive/2010/12/21/uchronie-ne-pas-confondre-uchronie-histoire-secrete-et-anti.html

;)
Anudar a dit…
Merci, lu et commenté :) !
Lhisbei a dit…
j'espère que les prochains livres seront un meilleure expérience ;)
A.C. de Haenne a dit…
Ici, le point de divergence semble assez flou, tout de même...

A.C. de Haenne
Anudar a dit…
@Lhisbei : j'espère aussi. Je vais attaquer "Ariosto Furioso" dans peu de temps.

@A.C. de Haenne : bienvenue ici. Le point de divergence est d'autant plus flou que l'on en est près dans le temps... Je reconnais que, moi aussi, j'ai un peu de peine à savoir où il se trouve au juste !