Le Jour où la France sortira de l'Euro

Une fois n'est pas coutume, un petit bouquin de politique-fiction, reçu par l'intermédiaire de Babelio dans le cadre de leur opération masse critique. Reçu un peu par hasard (je ne me souvenais pas l'avoir coché dans la liste, celui-là), je me suis néanmoins mis à la tâche sans rechigner. Surtout que maintenant qu'ils m'ont sélectionné une fois, j'espère ne plus recevoir de leur part de messages pouvant s'interpréter comme blog de qualité insuffisante comme lors de la masse critique SFF, celle où j'avais une véritable envie d'être sélectionné...

Résumé :
Deux hommes, présentés par des pseudonymes, se rencontrent à intervalles plus ou moins réguliers dans un café à Paris pour échanger des considérations sur la politique, l'économie et la monnaie. Candide est journaliste dans un grand quotidien français. Deep Pocket, lui, est un homme d'argent qui sillonne les allées du pouvoir depuis les années 1970. Il a une ambition : faire en sorte de rétablir l'étalon-or international ! Pourquoi l'euro n'est-il pas, pour lui, une bonne monnaie ? En quoi ses idées vont-elles influencer les échéances électorales de 2012 ?

N'étant pas un commentateur politique, je ne saurais me prononcer sur le réalisme des conceptions développées par l'auteur. Il m'apparaît avec évidence que celui-ci "roule" pour un candidat potentiel, en l'occurrence pour Dominique Strauss-Kahn, donnant parfois une légère impression de too much. Impression que j'ai eue, aussi, en voyant la couverture. Je me suis d'ailleurs demandé s'il ne serait pas judicieux de faire une exception à ma règle de montrer la couverture sur mon article...

Si l'on s'en tient à la forme, le dialogue entre les deux personnages, Candide et Deep Pocket, fonctionne fort bien, le deuxième instruisant le premier - ainsi que le lecteur au passage - quant à ses conceptions politico-économiques. Le choix du pseudonyme de Candide est peut-être un peu maladroit, l'acolyte du Candide de Voltaire n'étant autre que Pangloss, le philosophe minable, mais bon... passons... L'ensemble est en fin de compte un dialogue assez crédible et même divertissant, voire même instructif par moments.

Tout va en fait plutôt bien jusqu'au moment où Deep Pocket nous explique (enfin, rapporte avoir expliqué à Daniel Cohn-Bendit, plutôt) pourquoi il ne faut surtout pas croire que les ressources de notre planète sont limitées. Le tour de passe-passe consistant à dire que si elles le sont d'un point de vue physique, elles ne le sont pas d'un point de vue économique, ne me semble pas du tout satisfaisant : l'économie et la monnaie, c'est bien, mais faudrait pas oublier que le monde réel est bel et bien physique, et non économique... Quant au reste du fond, il me semble assez difficile de me prononcer dessus. Somme toute, puisqu'une partie du dialogue est censée se produire dans l'avenir, il s'agit d'une forme d'anticipation. Or l'anticipation est un genre très glissant et, bien souvent, les conclusions de l'auteur se voient contredites par l'Histoire... Un contenu qui doit donc, à mon sens, ne pas être pris pour autre chose que de la fiction politique...

Les fictions les plus intéressantes servent une idée. Celle de l'auteur m'échappe un peu. Rétablir l'étalon-or ? Il me semble que l'on a déjà tenté ça par le passé, sans beaucoup de succès, à tel point que les Etats-Unis ont fait exploser le système dans les années 1970. Alors que reste-t-il ? Somme toute, ce livre m'apparaît surtout comme un pamphlet pro-DSK, le candidat potentiel du PS "qui monte, qui monte..." à l'heure actuelle. Pour en revenir à ce livre, s'il m'apparaît bien écrit et même intéressant, je ne souscris pas aux idées sous-jacentes, et je recommande aux amateurs d'en faire une véritable lecture critique...
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Commentaires

Guillaume44 a dit…
Mince je croyais que ça existait toujours, l'étalon-or. Suis-je strauss-Kahnien sans le savoir ?
Anudar a dit…
En fait, l'étalon-or a été supprimé une première fois, de fait, lorsque les pays ont dû financer la Première Guerre Mondiale. Bien après, il y a eu un retour à l'étalon-or, mais d'une façon quelque peu détournée puisque c'était par l'intermédiaire du dollar qui était, lui, convertible en or. Le système a fonctionné jusque dans les années 1970, quand les Etats-Unis ont décidé que le dollar ne serait plus convertible (en fait, le dollar convertible était en train d'épuiser leurs réserves d'or). De ce fait, l'étalon-or n'existe plus.
D'après la fiction développée dans ce bouquin, DSK n'est pas "encore" acquis à l'étalon-or, mais ça doit venir.
XL a dit…
bonjour
moi je l'avais coché mais j'ai reçu autre chose, alors maintenant que tu l'as lu, si tu ne veux pas forcément le garder tu peux regarder sur babelio les livres de masse critique et autres swaps que je propose à l'échange...
Anudar a dit…
Bonjour et merci pour ta proposition très sympathique. Hélas, j'ai déjà marqué ce livre à mon nom, et je pense le prêter à d'autres personnes qu'il pourrait intéresser... Désolé !

Au fait, bienvenue ici :) !
lael a dit…
ce genre de bouquin paraît avoir un but assez louche en effet. Avis intéressant ! Toute façon je vois pas en quoi DSK peut se prétendre de gauche tout en dirigeant le FMI, y'a quelque chose de totalement antinomique là dedans à mes yeux. bref passons XD
Anudar a dit…
La question est : se prétend-il même de gauche ? On va dire que je suis un sale gauchiste mais somme-toute, le PS n'est-il pas devenu un parti de centre-gauche, voire du centre ?
Guillaume44 a dit…
La question plus large étant : qu'est-ce que la gauche ? De ses extrêmes à son centre-gauche, il y a tout un continent :)
Anudar a dit…
On ne va pas lancer un débat ici car il n'y trouverait pas sa place, ni du point de vue de la ligne éditoriale, ni de celui de l'emplacement...
A mon sens, il n'y a pas tant "une" gauche qu'un "peuple de gauche", fluctuant, qui devient visible à certains moments. Comme par exemple en Mai 1981, il y a déjà trente ans...