Bifrost numéro 75

Cela fait longtemps que je n'ai pas chroniqué de Bifrost ici... Occasion d'une petite séance de rattrapage, peut-être ? Dans ce numéro spécial Poul Anderson, que trouve-t-on d'intéressant ?

Dans la rubrique Interstyles :
  • Une première nouvelle de Poul Anderson lui-même, Tout voyage s'arrête : réflexion sur la télépathie et la torture qu'elle peut représenter si elle n'est pas maîtrisable. Intéressant même si attendu.
  • Realife 3.0 de Jean Marc-Ligny : la mise à jour d'une technologie de réalité augmentée, beaucoup plus avancée que les Google Glasses qui commencent à circuler, permettrait de créer du lien social d'une façon inattendue ? J'ai pas trop accroché.
  • Faits pour être ensemble de Ken Liu : Tilly, une IA développée par Centillion, a réponse à tout : elle connaît l'agenda de ses utilisateurs, leur suggère les meilleurs restaurants (et offre toujours des bons de réduction), et parvient même à mettre en relation ceux qui sont faits pour être ensemble... mais que fait Centillion des données qu'il moissonne grâce à Tilly ? Lecture transparente d'une situation très contemporaine, à force de réseaux sociaux, produits gratuits et métadonnées, Ken Liu propose une anticipation inquiétante mais pas désespérante : bravo !
  • In memoriam de Poul Anderson à nouveau : le dernier homme sur Terre contemple un paysage désolé. Il n'a aucune notion de l'Histoire - et pourtant, les vestiges humains prendront du temps à disparaître, plus de temps que ce qu'il ne sera donné au dernier homme et peut-être même à sa planète elle-même... Une fable scientifique mettant l'humain au coeur d'une histoire dont l'humanité s'absente bien vite. Fort intéressant.
Dans les Carnets de bord, les amateurs trouveront bien sûr les pages de critiques (pas lues) et l'abondant dossier sur Poul Anderson (pas lu non plus). A ma décharge, Poul Anderson a longtemps eu en France une mauvaise réputation qui a desservi l'édition de son oeuvre et, à l'âge où j'aurais pu commencer à m'intéresser à sa Patrouille du Temps, ses livres se trouvaient bien peu représentés dans les rayonnages aux couvertures noir étoilé, gris métallisé ou blanc violet... Il faudra donc bien que je m'y penche, à l'occasion, et que je m'intéresse du coup à ce dossier sans nul doute fort bien compilé...

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