Fragments

J'ai déjà parlé ici de Partials, premier tome d'une trilogie signée Dan Wells. Fragments est le deuxième volet de la série...
Résumé : 
A Long Island, la révolution a eu lieu et, grâce à la poussée d'espoir que représente la première naissance viable depuis plus de dix ans, un gouvernement plus démocratique s'est formé sur les ruines du précédent, associant les diverses tendances des survivants humains. Pourtant, si ces derniers savent que le remède au RM existe, ils savent aussi que celui-ci est aux mains de leurs plus terrifiants ennemis, les Partials, des soldats produits par bio-ingénierie et qui se sont jadis rebellés contre leurs créateurs : le traitement n'est autre que les phéromones produites par les Partials... et ceux-ci sont en voie d'extinction. Pour trouver une issue, Kira Walker, qui a grandi parmi les survivants humains mais semble porter un héritage Partial dans ses gènes, va devoir fouiller le passé où, dans les archives de ParaGen, se trouve peut-être la clé de l'énigme. L'occasion pour elle de retrouver Samm, le Partial rencontré quelques mois plus tôt, et d'entreprendre un dangereux voyage. Y a-t-il encore un espoir pour les deux races quelque part dans une Amérique en ruines ?
Fragments fait suite immédiate au premier volet de la série. Les dernières pages de Partials nous montraient Kira en train de partir en quête de son identité : la voici bientôt à Manhattan où elle va pouvoir commencer à collecter les indices qui lient la création des Partials avec le RM et sa propre histoire. Plusieurs passages où elle se trouve dans une solitude absolue, perdue au beau milieu d'une véritable jungle urbaine et à la merci des créatures monstrueuses qui l'habitent évoquent bien les classiques du genre : Manhattan fait, c'est définitif, un très beau décor post-apocalyptique, à tel point que ce début d'aventure fait réchauffé - d'autant plus que le premier tome avait déjà offert à son lecteur l'exploration d'un New York déserté de ses habitants humains. Plus convaincantes sont les pages où Kira, maintenant accompagnée par trois compagnons dont l'association semble assez improbable, doit traverser une ville de Chicago en partie transformée en Venise puis, surtout, un désert pollué là où se trouvait le Midwest. Les "Badlands", comme les désignent ceux qui parviennent à y survivre d'une façon que je ne révélerai pas, forment un décor beaucoup plus original : un désert stérile car mouillé de pluies acides et empoisonné par les humeurs des raffineries de pétrole en flammes. On n'y pense pas souvent, mais si la majeure partie de l'espèce humaine venait à disparaître d'un coup la plupart de nos usines - à commencer par les centrales nucléaires - se mettraient à jouer à "qui c'est qui va faire la plus belle explosion ?" ...

L'enjeu principal de ce deuxième tome était annoncé dès la fin du premier. Pour être en mesure de survivre, les êtres humains vont devoir obtenir les phéromones des Partials, et ces derniers vont devoir découvrir un moyen de dépasser la "limite d'âge" qui les condamne à la mort par vieillissement accéléré. La clé, pour les survivants humains, se trouve dans les gènes des Partials, alors que pour ces derniers la clé se trouve dans les gènes des premiers... Sans surprise, l'une des découvertes de Kira sera que cette nécessaire coopération forcée a été voulue par les concepteurs des Partials - cette mystérieuse "Alliance" qui semble tirer les ficelles aussi bien sur Long Island que parmi les communautés antagonistes des Partials. Mais quelle forme pourra prendre cette coopération ? Le remède que Kira connaît déjà est connu d'au moins une autre personne et il n'est jamais qu'une impasse, à moins que la "limite d'âge" des Partials ne soit dépassée... En face, l'inquiétante docteur Morgan prend la décision d'occuper Long Island pour mettre la main sur le stock génétique représenté par les quarante mille survivants humains, à moins que son objectif ne soit tout différent. Car le temps presse... Et sans surprise, c'est dans les dernières pages que ce deuxième volet, jusqu'alors intéressant mais sans plus, devient beaucoup plus palpitant. Soulevant de nouvelles questions, l'auteur parvient à conclure sur un cliffhanger pour une fois pas trop téléphoné dans ce genre de littérature. Alors, bien sûr, il aura fallu s'appuyer le nécessaire temps romantique impliquant la jeune héroïne et le mystérieux Partial-qui-a-l'air-d'avoir-vingt-piges-mais-en-a-plus-que-ça. "Edward, Edwaaaard, il est mystérieux avec sa peau qui brille, il est bôôôôhhhh", ça dit quelque chose à quelqu'un ? Il aura fallu aussi s'appuyer du coup la pesante construction du triangle amoureux de rigueur. Mais, bon. C'est une dystopie. C'est du post-ap'. Il ne faut pas s'attendre à autre chose.

EDIT : cette chronique s'inscrit dans le Challenge Dystopie de Valunivers, auquel j'ai été invité à me joindre.

Commentaires

Lune a dit…
Tu râles mais tu lis du YA aussi, tu cherches les histoires d'amour à la Edwaaaard faut croire :p
Anudar Bruseis a dit…
Du tout :) Ceci étant publié dans une collection non identifiée jeunesse ou YA, j'accuse bel et bien le genre et non l'oeuvre :P
Val a dit…
Ma foi, si ça met les jeunes à la lecture, ce n'est pas mal ! et on sait que tu restera encore pour un moment jeune collégien ;-)
Anudar Bruseis a dit…
Excuses, Val, je réponds avec pas mal de retard... Très occupé ces derniers temps :P

Je suis un gosse dans ma tête, c'est pas faux :)