Le Marteau de Thor

En 2015, Stéphane Przybylski nous emmenait en Irak visiter Le Château des Millions d'Années, fiction historique mâtinée d'invasion extraterrestre imminente... Ouverture d'une tétralogie - un format assez rare pour que la chose soit signalée - nous avons vu arriver il y a quelques temps le deuxième volet de cette histoire, occasion pour moi de faire mon retour à cet univers. Pour le meilleur ou bien... ?
Résumé : 
Le torride Eté 39 a pris fin sur les décombres de la Pologne, démembrée entre l'Allemagne nazie et l'Union Soviétique, et déjà les démocraties occidentales doutent : cela vaut-il bien la peine de continuer le combat ? Dans l'Atlantique, les U-Boote patrouillent déjà pour harceler la flotte alliée... Alors que s'ouvre la "Drôle de Guerre", les prochains coups seront des coups fourrés. Les découvertes faites en Irak par l'expédition de l'Ahnenerbe qu'accompagnait Saxhäuser, maintenant perdu en mer, sont aux mains des services secrets britanniques, lesquels tardent à reconnaître la nature extraterrestre de certains artefacts mis au jour par l'archéologue Schmundt. Pour les services secrets allemands, il reste une fenêtre à exploiter pour remettre la main sur le butin dont le contrôle pourrait changer le destin de la guerre, quitte à en recourir à la plus audacieuse des opérations en territoire ennemi... Pour les visiteurs venus de l'espace, eux-mêmes divisés en faction, il devient urgent d'empêcher le Reich nazi de mettre ses griffes sur leur technologie supérieure : trouveront-ils des alliés pour accomplir leur volonté sans avoir à se révéler eux-mêmes ?
Autant les mois de Juillet et d'Août avaient été brûlants de chaleur et de tension lors du volet irakien de cette série, autant les mois d'Octobre et de Novembre sont ici pluvieux et inquiétants. Les personnages, tant allemands que britanniques ou américains, oeuvrent dans l'ombre pour le compte de forces qui les dépassent. Rares sont ceux d'entre eux qui sont de parfaits héros ou de parfaits salauds : l'auteur ne cherche pas à faire de ses personnages des archétypes, sauf lorsqu'il s'agit bien sûr de personnages historiques bien trop connus tels qu'un Reinhard Heydrich, par exemple. Une exception est faite néanmoins avec une femme vénéneuse, véritable émule de Mata-Hari, qui met sa nymphomanie au service de son fanatisme : sans doute l'auteur estimait-il que son oeuvre manquait de personnages féminins !

Là où le roman précédent faisait de l'intrusion extraterrestre un élément majeur de l'intrigue, on constate que cet élément fictionnel passe ici presque au deuxième plan, même si quelques soucoupes volantes vont faire leur apparition : les visiteurs semblent vouloir limiter leurs interventions, pour des raisons que j'ai envie de qualifier de politiques. A travers le témoignage inattendu de Saxhäuser, qui refait son apparition d'une façon que je n'expliciterai pas, on en apprend toutefois un peu plus à leur sujet. Sans surprise, ces êtres, s'ils ne sont pas humains, n'ont pas tous le même agenda, et si certains d'entre eux sont partisans d'un statu-quo avec une espèce humaine à leurs yeux sous-développée, d'autres - plus nombreux - ont des intentions plus hostiles, un schéma familier à tous les X-philes !

Adoptant donc l'apparence d'une fiction historique plus affirmée, mais toujours aussi documentée, Le Marteau de Thor semble remplir le contrat : hommage aux pulps et à une certaine SF, il se lit assez bien et vite, et distrait sans trop faire penser, dans la continuité en réalité du premier tome... Cela suffit-il pour en faire une bonne lecture ? Je n'en suis pas tout à fait sûr : à voir si l'auteur trouvera le moyen de se renouveler, à présent que la moitié de la série est atteinte...

Commentaires

Efelle a dit…
Je continuerai à garder mes distances avec cette série si elle ronronne déjà.
Anudar Bruseis a dit…
A voir ce que donne le suivant. C'est encore une lecture pop-corn mais il me semble qu'il ne faudrait pas beaucoup pour que ça tourne en eau de boudin...
Vert a dit…
Il est un peu en dessous du premier, après je suis quand même curieuse de lire la suite, surtout que l'arrière-plan historique est bien intéressant.
Anudar Bruseis a dit…
Pareil que moi, en fait !