Méta-Baron tome 3 : Orne-8 le Techno-Cardinal

J'avais lu cet album il y a quelques temps, sans toutefois - flemme oblige - le chroniquer ainsi qu'il se doit. Le tome 4 de la série étant paru et lu, le moment était donc venu pour moi d'utiliser à nouveau sur ce blog l'étiquette Incaliverse à laquelle je tiens beaucoup...
Résumé : 
Le Méta-Baron a défait les stratagèmes de Wilhelm-100 et l'impossible a eu lieu : plus une seule goutte d'épiphyte ne sera récoltée sur Marmola puisque les dernières réserves se trouvent à présent au plus profond des soutes du Méta-Bunker. Sur Néo-Planète-d'Or, le Techno-Pape lui-même s'affole : sans épiphyte, plus de voyage instantané dans l'espace, et donc plus d'Empire... condamnant la civilisation Techno-Industrielle à l'effondrement. Alors, en désespoir de cause, il envoie sur Marmola le tout neuf Techno-Cardinal Orne-8, un être aussi intelligent que pervers, afin de maintenir une chape de plomb sur ces nouvelles désastreuses, le temps de trouver une solution, et lui adjoint le transhumain Simak afin de l'assister... à moins qu'il ne s'agisse de l'espionner. Alors que le Méta-Baron, conscient de ce que l'univers s'approche de sa fin, choisit de renoncer aux traditions de sa caste afin d'investir enfin son humanité, Orne-8 fait une étrange découverte sur Marmola. Pour comprendre le lien qui existe entre l'épiphyte et le Méta-Baron, et peut-être conjurer la fin de l'univers, il lui faudra pénétrer au coeur du Méta-Bunker et prélever une goutte du sang de son propriétaire, qui n'est autre que le plus puissant combattant de toute l'Histoire humaine...
Nouveau cycle, nouveau dessinateur : bienvenue à Niko Henrichon qui accède aux pinceaux du Méta-Baron ! Le dessin semble ici plus orienté comics et, après tout, cela ne tombe pas trop mal car au fond, qu'est-ce que le Méta-Baron sinon un super-héros de l'an trente mille et des brouettes ? On retrouve en tout cas ici quelques réminiscences de l'oeuvre géniale du grand Moebius, chose qui ne s'éprouvait pour ainsi dire pas dans les tomes 1 et 2 : c'est comme toujours une agréable surprise, et surtout dans ce contexte méta-baronique si propice aux expérimentations gothico-métallo-douteuses - mais je l'ai déjà dit par ailleurs, je suis assez dubitatif devant la série d'heroic-space-fantasy qu'avaient signé Jodo et Gimenez entre les années 1990 et 2000. La couverture du présent album est en tout cas magnifique et très bien pensée : intrigante et inquiétante avant lecture, elle prend un sens nouveau une fois la dernière page lue...

Après un premier cycle qui faisait la part belle aux affrontements dantesques - toujours dans la lignée de La Caste des Méta-Barons - on semble entrer ici dans un univers de danger bien différent. Exit Wilhelm-100, piètre ennemi au fond pour le Méta-Baron... et place à Orne-8, Techno-séminariste aux dents longues déjà entrevu dans les deux premiers volets. Confronté à une tâche impossible - identifier un approvisionnement viable et renouvelable en épiphyte pour un Empire aux abois - il n'oublie pas de réclamer sa récompense au préalable de tout autre chose... Une récompense en forme de sacrifice personnel, sous la forme du psycho-abdomen de Techno-Cardinal dont la conquête requiert la castration symbolique. Si le Méta-Baron semble rechercher sa propre humanité en faisant désormais l'impasse sur ses traditions familiales, quelque part cet héritage semble assumé par son nouvel ennemi à travers une mutilation volontaire. Il existe par conséquent un lien entre les deux adversaires et, si dans sa quête pour sa propre humanité le Méta-Baron semble sombrer dans l'hédonisme le plus nihiliste, il apparaît qu'Orne-8, malgré ses secrets et sa cruauté, semble plus concerné par le devenir de l'espèce humaine ou, à tout le moins, par celui de la civilisation dont il est le produit.

Renouvelant donc la mythologie de la série, cet album est de bonne tenue et laisse une impression agréable. La suite au prochain numéro !

Commentaires

Miroirs SF a dit…
J'avais lu il y a quelques années toute la série de l'Incal et celle de la Caste des Méta-Barons. Deux séries qui m'ont beaucoup plu. J'avais préféré l'histoire de l'Incal, mais trouvé par contre le dessin plus beau dans la caste des Méta-Barons. Cette page de couverture, comme tu le soulignes, fait beaucoup envie. Je replongerai donc peut-être dans du Jodorowsky prochainement !
Anudar Bruseis a dit…
Bienvenue ici car je crois bien que c'est la première fois que je te vois passer :)

En ce qui me concerne, comme j'ai eu l'occasion de le dire par le passé, je préfère "L'Incal" et le dessin de Moebius à la plus tentaculaire série "La Caste des Méta-Barons" et au dessin de Gimenez. Au passage, si tu connais mieux cette deuxième série que moi, j'apprécierais volontiers que tu m'éclaires sur la position de la nouvelle série "Méta-Baron" au sein de la complexe chronologie de l'Incaliverse...
Miroirs SF a dit…
Je risquerai de te dire des bêtises. J'ai lu les deux séries il y a bien 8 ans maintenant, et c'est déjà beaucoup trop loin pour ma petite tête. Par contre je pense que si je m'y remets, par exemple avec ce tome, j'irai d'abord fureter sur internet pour me remettre en mémoire toute l'histoire.
Effectivement il est possible que ce soit la première fois que je laisse un commentaire. Je n'ai d'ailleurs pas fait de préambule pour le dire, ne m'en étant pas rendu compte : je suis abonné à ton blog depuis plusieurs mois par mail, et le lis donc régulièrement, au point de ne pas avoir fait attention qu'il s'agissait là de mon premier commentaire ! Pour info on s'est croisés rapidement au repas des blogueurs du dimanche soir pendant les Utopiales (mais vraiment croisés, je crois qu'on a juste eu l'occasion d'échanger des salutations).
A +
Anudar Bruseis a dit…
C'est en effet ce qu'il s'est passé : on s'est croisés en vrai au repas des blogueurs et on n'a pas pu discuter beaucoup car on n'était pas assis du tout à la même table. Donc, d'une certaine façon, c'est aujourd'hui que l'on fait connaissance pour de vrai.

Bonne journée :) !
Miroirs SF a dit…
Oui ^^. Enchanté donc !