La Cité des Jarres

Celui-là, je l'ai lu sur la recommandation de mon père. A cause du fond de génétique dans l'intrigue.

Résumé :
Erlendur, inspecteur à Reykjavik, est chargé d'une enquête criminelle. On a découvert le cadavre d'un certain Holberg, décrit par ses voisins et ses collègues comme un homme tranquille. Un message écrit laissé dans l'appartement de la victime attire l'attention d'Erlendur. Holberg a-t-il été tué par un voyou ? Par un détraqué ? Ou pour quelque obscure raison ? Le mystère s'épaissit lorsqu'en fouillant les affaires d'Holberg, Erlendur met au jour une photo, celle de la tombe d'une fillette morte dans les années 1960. Lorsqu'il découvre en compagnie de l'un de ses confrères que l'ordinateur de Holberg est rempli de films pornographiques, il se rend compte que le retraité n'était pas aussi propre sur lui qu'il y paraissait...
Bon... Le livre se lit bien, pas de problème avec le style. Je ne me prononce pas sur la question de savoir si c'est un "polar scandinave", même si - béotien en la matière - j'aurais envie de dire que ce roman est un policier, donc un polar, et qu'il est écrit par un Islandais, donc un scandinave. Sans doute que les exégètes du genre s'arracheront les cheveux avant de m'arracher les yeux (ou après, je ne sais pas), mais je rappelle que ma connaissance dudit genre se limitant à Millenium et je plaide donc non coupable...

Quant à l'intrigue, au fond, il s'agit d'une histoire de flic désabusé qui découvre, sous un crime banal, une histoire bien crade, bien purulente, du style qui vous fait regretter d'être humain. Sans atteindre des sommets dans le glauque, on trouve là-dedans les passages obligés du genre. Le sadique en liberté depuis quarante piges. Les médecins sinistres, moins soucieux d'éthique professionnelle que de leur rayonnement scientifique. Le formol. Ah oui, et puis bien sûr les rapports sexuels contraints. Dans cette histoire, les libertés prises avec la loi, quarante ans dans le passé, lorsque le cerveau d'une fillette s'est retrouvé stocké dans la très surprenante Cité des Jarres éponyme, trouvent leur continuité avec l'indexation génétique de l'ensemble de la population islandaise. Or la constitution de ce fichier central, unique au monde, permet de résoudre en fin de compte le mystère de l'assassinat duquel toute l'histoire démarre... Faut-il en tirer une leçon de méfiance à l'égard de la biologie moléculaire ? A l'égard du pouvoir médical ?

Dans cette aventure, le protagoniste principal, dont le nom pourrait laisser à penser qu'il s'est échappé d'une fanfic tolkienophile, fait l'effet d'être tout de même un peu plat. On ne sait presque rien de ce qui se passe dans sa tête et c'est une vraie surprise de le voir piquer une crise de colère, à un moment. La fin m'apparaît presque bâclée, avec sa récapitulation pas très originale... Lecture en demi-teinte, intéressante, je pense, pour les amateurs du genre
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