Annihilation

Un court roman de SF louchant vers l'horreur, et qui ouvre une... trilogie. Qu'est-ce que ce surprenant mélange peut bien donner ?
Résumé : 
La Zone X : un territoire évacué par le gouvernement, où se produisent des phénomènes inexplicables. On y envoie des expéditions destinées à en percer les mystères, mais leurs membres n'en reviennent en général pas, ou alors en reviennent changés d'une façon irrémédiable. La douzième expédition est réduite avant même le franchissement de la frontière : sur les cinq femmes sélectionnées, la linguiste a renoncé au dernier moment. La biologiste, qui raconte l'histoire de l'expédition, se rend sur place pour des raisons plus personnelles que scientifiques... Mieux qu'une autre, elle sait que la folie rôde autour de et dans la Zone X - et que les événements inquiétants qui vont se manifester aussitôt ne correspondent pas aux seules menaces qui vont peser sur l'expédition. Trouvera-t-elle sur place les traces de l'homme qu'elle a aimé ? Saura-t-elle identifier la part du mystère qui lui est peut-être intelligible ?
Un (léger) parfum de X-Files, une ambiance qui m'évoque un peu 14, et les avis des blogopotes qui eux y voient l'influence d'un Lovecraft - que je n'ai toujours pas lu : Annihilation, malgré son titre moins sobre que tentateur, présente d'emblée d'excellentes références. Le fait que son volume fictionnel soit court lui donne un autre intérêt a priori : là où certains auteurs se complaisent dans la longueur, pour ne pas dire le tirage à la ligne, ce livre promet d'en venir droit au fait. Bon... il ouvre une trilogie, c'est vrai, mais Annihilation peut malgré tout se lire comme un one-shot, et au vu des mauvaises manies de la SFFF actuelle cela mérite bien d'être souligné comme un avantage.

La Zone X, une région du monde où un événement mystérieux - accident industriel ? expérience qui aurait mal tourné ? - a bouleversé les lois de la nature et transformé un paysage tranquille en territoire hostile à la vie humaine, attire pourtant le regard du gouvernement. Il y a pour cela une bonne raison, et qui plus est une raison inquiétante, ou même plusieurs dont tous ne sont pas connues du monde extérieur - même si, bien entendu, "Government denies knowledge". Les dangers inexprimables de la Zone X ne proviennent d'ailleurs pas tous des conditions anormales qui s'y développent. Certains membres de l'expédition possèdent des informations complémentaires - et même des ordres particuliers : d'ici à imaginer que l'expédition elle-même pourrait bien être truquée, il n'y a qu'un pas, que le lecteur ne va pas tarder à faire de lui-même...

A juste titre, Annihilation se lit donc vite et même d'une traite. Un écueil le menaçait, celui de la fin en queue de poisson : s'il ne lui est pas possible de conclure sur la Zone X - premier tome d'une trilogie... je ne l'ai pas déjà dit ? - il parvient néanmoins à nous offrir une fin conclusive en soldant son intrigue. L'effort est remarquable, il mérite bien d'être salué, contribuant à faire d'Annihilation l'un des titres les plus intelligents qu'il m'ait été donné de lire cette année... Bravo !

Commentaires

Lorhkan a dit…
Tu rattrapes de bons romans en tout cas, et celui-ci en est un.
Gromovar a dit…
Il arrive du lourd en cette fin de période d'éligibilité. C'est heureux.
Efelle a dit…
Un très bon moment, bien construit augmentant progressivement l'angoisse poisseuse.
Une lecture qui change de l'ordinaire, je suis partant pour la suite.
Anudar Bruseis a dit…
@Lorhkan : y'a "Véridienne" dans la liste, juste après.

@Gromovar : au fait, le Hamilton "L'Abîme au-delà des rêves", éligible ou pas ?

@Efelle : c'est tout à fait mon impression. Cela me change de mes habitudes et dans le bon sens.
Vert a dit…
Je vais le lire celui-là (maintenant que j'ai vaincu La cité des saints et des fous je n'ai peur de rien :D)
Anudar Bruseis a dit…
Pas si effrayant, juste très prenant. Bonne lecture par avance !