Chasseurs de mondes

J'ai déjà eu l'occasion de chroniquer ici un Cherryh à travers Les adieux au Soleil, il y a un an de cela ; celui-ci était en souffrance dans ma PàL depuis presque aussi longtemps !
Résumé : 
Les Orithains sont les chasseurs de mondes : une race extraterrestre si avancée que toutes les civilisations sous leur suzeraineté sont en réalité leur propriété. Aussi, quand Aïéla reçoit l'ordre de rejoindre le vaisseau de l'orithaine Chimèle, il sait que nul ne s'y opposera : qui oserait mécontenter une femme si puissante qu'elle pourrait ordonner la destruction de la station Kartos par simple dépit ? La raison pour laquelle un être aussi redoutable a requis sa présence à son bord est pourtant des plus mystérieuses : on lui greffe un implant cérébral qui le fait entrer en communauté de pensées mais aussi d'émotions avec Isande, une autre captive dont les ancêtres sont au service des Orithains depuis neuf mille ans, et aussi Daniel, un humain qui portent dans sa mémoire la douleur d'une espèce expulsée de sa propre planète et condamnée à la folie sur des mondes presque inhabitables... Quel est le véritable dessein de Chimèle ?
Autant le dire tout de suite : arrivé à la moitié de ce livre, j'ai décidé de ne pas en continuer la lecture. Celle-ci s'est en effet révélée des moins agréables qui se puissent être : chaque phrase ou presque est garnie d'un ou de plusieurs mots appartenant à l'une ou l'autre des  trois langues extraterrestres au moins qui sont impliquées dans cette histoire. L'auteure propose un lexique pour chacune d'elles à la fin de son roman, mais très vite ces béquilles se révèlent bancales... Trois lexiques opaques, récursifs ou bien - ce qui est pire - incomplets, qui nécessiteraient d'être appris avant de commencer la lecture, sans que l'on soit certain au passage qu'ils pourraient suffire à comprendre les dialogues entre les personnages. Au-delà de cette difficulté certes pas insurmontable mais néanmoins fort gênante, les enjeux des relations entre les différents personnages se révèlent de toute façon impossibles à suivre. Chimèle commande son vaisseau et donc tous ceux qui se trouvent à bord, mais il y a pourtant d'autres orithains à ses côtés, qui sont peut-être des membres de sa famille, laquelle semble engagée dans une vendetta sur plusieurs générations...

Que viennent faire dans ce contexte les trois esclaves paumés que sont Aïéla, Isande et Daniel ? Face à des seigneurs si puissants qu'il est vain de songer à leur résister, on se demande bel et bien quelle est leur fonction narrative et même in-universe, d'autant plus qu'ils ne cessent de se haïr et de se méfier les uns des autres bien qu'ils soient jumelés par l'esprit. Après donc un début encore capable de convaincre d'aller un peu plus loin - le worldbuilding reste pas inintéressant - l'intrigue s'enlise pour de bon si bien qu'à la trois millième page sur 344 je me suis rappelé que j'avais mieux à lire... Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas ! Et c'est bien dommage, car il y avait sans nul doute quelque chose à faire de cet univers hostile dominé par une race extraterrestre supérieure et hautaine, mais dans l'ombre de laquelle survivent des civilisations moins puissantes et pourtant tout aussi prédatrices. Mauvaise pioche... mais à l'occasion, je reviendrai à la plume de cette auteure. Que j'espère lire plus tonique, cela va sans dire.

Commentaires

Baroona a dit…
L'horreur des notes en fin de volume à son paroxysme, ça me parait une raison suffisante pour ne pas le lire.
Par contre, tu l'as vraiment lu jusqu'à la 3000ème page ? =P
Anudar Bruseis a dit…
C’est en tout cas l’effet que cela m’a fait :P
Miroirs SF a dit…
C'est con, le principe de base me faisait bien envie à moi aussi... Je pressens en plus que c'est mal écrit.
Anudar Bruseis a dit…
La traduction peut y être pour beaucoup. N'accablons jamais l'auteur traduit...