mardi 24 mai 2016

L'Abîme au-delà des Rêves

Un nouveau Peter F. Hamilton, pour moi qui suis amateur de space-opera, c'est toujours une bonne nouvelle. Ici, le porteur d'heureux message fut Herbefol dont je recommande la chronique de lecture : je découvrais - avec pas mal de retard puisque ce livre est paru il y a plus de six mois... - la sortie d'un nouvel élément de la Saga du Commonwealth, laquelle constitue à mon sens le grand-oeuvre de Hamilton, plus que le Cycle de l'Aube de la Nuit en tout cas. J'avais une raison supplémentaire de vouloir me replonger dans un Hamilton, par ailleurs... c'est que je m'apprêtais alors à modérer une table ronde l'impliquant aux Intergalactiques de Lyon !
Résumé :
Le Vide... un univers artificiel, au coeur de la Voie Lactée, où se perd la flotte intergalactique de la Dynastie Brandt partie fonder une nouvelle civilisation au-delà des frontières du Commonwealth. Quand Laura Brandt est réveillée à bord du Vermillion, c'est pour découvrir qu'on a besoin d'elle et de ses compétences au sein d'un univers où la technologie se détraque. Une planète attend les naufragés du Commonwealth - mais une étrange "forêt" tourne autour d'elle... Pendant ce temps, ailleurs, Nigel Sheldon - l'un des plus puissants hommes du Commonwealth - se laisse persuader de partir explorer le Vide en mission pour les Raiels : ceux-ci ont eu accès aux rêves d'Inigo et ont identifié en Makkathran l'épave d'un des vaisseaux d'invasion que leur espèce a en vain lancée contre le Vide un million d'années plus tôt. Ce que Laura Brandt comme Nigel Sheldon ignorent, c'est que la planète où tous deux vont s'échouer à des milliers d'années d'écart est la cible d'une terrifiante menace extraterrestre à même, peut-être, de mettre en échec le génie du Commonwealth. Existe-t-il une issue pour les descendants de l'espèce humaine piégés dans le Vide ?
Voir un auteur revenir à l'un de ses univers les plus intéressants, c'est toujours agréable. De toute évidence, Hamilton aura de la peine à quitter son univers du Commonwealth dont il explore ici de nouveaux lieux, de nouvelles époques et où il introduit de nouveaux personnages. Bon, certaines vieilles connaissances font leur retour, ainsi qu'il se doit : quelques années avant les événements de la Trilogie du Vide, on croise Nigel Sheldon et même Paula Myo qui vient faire un caméo ! Mais, cette fois-ci, le propos de Hamilton n'est pas d'écrire un préquel à la Trilogie du Vide : les enjeux de la présente série sont très différents. La menace représentée par le Vide n'est pas encore imminente, Inigo n'a pas encore abandonné les fidèles de la religion qui s'organise autour de ses rêves et la faction Accélératrice de l'ANA n'est pas encore en train de manipuler le Pélerinage du Rêve Vivant.

Car c'est, cette fois-ci, au coeur du Vide lui-même que se noue l'intrigue de ce roman. Bien des périls pèsent sur ceux qui s'y trouvent piégés, le moindre étant peut-être bien le fait que les machines y tombent en panne - problème handicapant pour une société habituée à l'omniprésence de mécanismes intelligents et même d'implants destinés à étendre les capacités de l'organisme humain. Le pire, c'est bien entendu la présence des Fallers : eux-mêmes prisonniers du Vide, ces lointains descendants d'une espèce extraterrestre intelligente sont capables d'absorber la chair et les pensées pour construire des simulacres d'êtres humains... La présence de pareils ennemis contraint l'évolution de la société des naufragés : une fois leurs machines tout à fait détraquées, il ne leur reste plus qu'une hiérarchie pyramidale qui protège bien mal le petit peuple de la terreur des Fallers. Comme dans la Trilogie du Vide, le système est mortifère et va être secoué... sauf que cette fois-ci, les causes de la perturbation initiale ne seront pas tout à fait les mêmes.

En nous épargnant une réédition de son schéma, l'auteur nous montre une fois de plus l'étendue de son talent : questionnant toujours, et avec détermination, ce qui peut rester du propre de l'humanité dans un futur où celle-ci commence à tendre vers la post-humanité, Hamilton se paye le luxe d'explorer les voies de garage et les impasses évolutives. Qu'est-ce que le Vide sinon un bac à sable où les nostalgiques peuvent développer des pouvoirs dont rêvent les enfants - et surtout rester figés dans une stase on ne peut plus malsaine ? Alors qu'à l'extérieur du Vide le temps s'accélère encore et toujours, à l'intérieur la flèche du progrès s'inverse au bénéfice d'un accomplissement peut-être illusoire. Avec la très belle image finale, Hamilton nous révèle (qui sait !) ce qui pourrait bien être son intention : confronter l'humanité du Commonwealth à celle qui a toujours vécu dans le Vide, c'est-à-dire, confronter l'appel de l'infini à l'aspiration à l'éternité. Saura-t-il nous inventer quelque impossible synthèse ? Nous en jugerons dans quelques temps...

lundi 16 mai 2016

Véridienne

Je ne connais pas Chloé Chevalier. Son roman - éligible au Prix des Blogueurs 2016 - est le premier d'un cycle (une... trilogie ?). Il est arrivé entre mes mains un peu par hasard, à un moment il y a un mois où je cherchais une lecture légère et rapide car j'avais beaucoup à faire : le rush de travail étant terminé, je trouve enfin le temps de le chroniquer...
Résumé : 
Le Demi-Loup... Un royaume froid aux traditions inexplicables, aux confins de l'Empire de l'Est, partagé en deux par son précédent monarque au bénéfice de ses fils afin de peut-être satisfaire le particularisme de ses deux moitiés, séparées par une haute chaîne de montagnes. Au Demi-Loup, les membres de la lignée royale reçoivent dans leur première enfance un Suivant, un enfant du même sexe né le jour d'après celui de leur naissance, et destiné à remplacer le souverain s'il venait à faire défaut. Tout commence avec le départ du prince héritier du royaume, à l'âge de douze ans, que son père envoie contre son gré en guerre contre l'Empire de l'Est, un combat sans espoir et surtout sans objet au vu de l'immensité de l'ennemi. Non, tout commence avec la fuite de Calvina, héritière de la moitié du Demi-Loup, accompagnée par sa Suivante et le Suivant de son défunt père, afin d'échapper au coup d'Etat des Chats d'Edelin, qui dirige la plus forte armée du royaume. Non, tout commence avec la mésentente du roi Aldemar et de la reine Malvamonde et par l'entorse à la coutume qui a fait qu'à Véridienne, la princesse Malvane a reçu non pas une mais bel et bien deux Suivantes... Quel drame est-il en train de se nouer à Véridienne, triste capitale d'un royaume condamné par le destin ? Quelles crimes le prince héritier Aldemor fomente-t-il à l'Est afin d'accomplir l'impossible mission qui lui a été confiée ?
Je l'avoue, j'ai craint le pire à l'ouverture de ce roman assez court : des châteaux, des princesses, une marâtre, des soldats qui agissent de leur propre fait, des traîtres, des nobles, un prince pleurnichard et un royaume aux traditions aussi incompréhensibles qu'ancestrales et surtout presque pas questionnées par les protagonistes... Véridienne apparaissait au premier abord comme une peu indispensable resucée de tout ce que la fantasy charrie de plus commun depuis les contes venus du Moyen-Âge. Et il est vrai que le Demi-Loup tient bien volontiers du royaume moyenâgeux, avec son système féodal qui doit autant à l'héritage mérovingien - avec partage des terres entre les deux héritiers - qu'à ses développements plus tardifs - où l'assemblée des nobles constitue un vague début d'embryon de parlementarisme. La présence d'un Empire ennemi à l'Est évoque bien volontiers la longue rivalité entre la France et le Saint-Empire, et ce même si l'étendue de cet ennemi, ainsi que sa toponymie, contre lequel le prince Aldemor part chevaucher contraint et forcé semblerait évoquer plutôt la Chine. On voyage donc ici dans de la fantasy sans magie.

L'intérêt de Véridienne est pourtant relancé par sa narration audacieuse et - osons ! - peut-être un peu casse-gueule. En rassemblant deux princesses et leurs Suivantes (soit donc trois fillettes du même âge) dans un même château, l'auteure se donne la possibilité de multiplier les points de vue. Chacune possède sa propre personnalité ainsi que sa propre mentalité, soit donc son propre regard. A ces points de vue s'additionnent ceux d'autres personnages plus secondaires et qui viennent jouer pourtant un rôle explicatif indispensable : l'Histoire du Demi-Loup est mystérieuse, et de celle-ci procèdent bon nombre des événements relatés dans ce roman. Avec le retour du prince Aldemor, à la tête des quelques rares survivants de l'ost parti à l'Est, se met en place l'ultime perturbation de l'ordre du Demi-Loup : le royaume, bien que vainqueur, sera désormais isolé, aux prises avec une insidieuse épidémie, rongé de l'intérieur comme son château l'est par les eaux souterraines... Belle construction, en fin de compte, Véridienne mérite qu'on lui porte intérêt - et que l'on se penche aussi sur ses suites. Il est rare que la fantasy s'exprime aussi bien en français.

vendredi 6 mai 2016

Annihilation

Un court roman de SF louchant vers l'horreur, et qui ouvre une... trilogie. Qu'est-ce que ce surprenant mélange peut bien donner ?
Résumé : 
La Zone X : un territoire évacué par le gouvernement, où se produisent des phénomènes inexplicables. On y envoie des expéditions destinées à en percer les mystères, mais leurs membres n'en reviennent en général pas, ou alors en reviennent changés d'une façon irrémédiable. La douzième expédition est réduite avant même le franchissement de la frontière : sur les cinq femmes sélectionnées, la linguiste a renoncé au dernier moment. La biologiste, qui raconte l'histoire de l'expédition, se rend sur place pour des raisons plus personnelles que scientifiques... Mieux qu'une autre, elle sait que la folie rôde autour de et dans la Zone X - et que les événements inquiétants qui vont se manifester aussitôt ne correspondent pas aux seules menaces qui vont peser sur l'expédition. Trouvera-t-elle sur place les traces de l'homme qu'elle a aimé ? Saura-t-elle identifier la part du mystère qui lui est peut-être intelligible ?
Un (léger) parfum de X-Files, une ambiance qui m'évoque un peu 14, et les avis des blogopotes qui eux y voient l'influence d'un Lovecraft - que je n'ai toujours pas lu : Annihilation, malgré son titre moins sobre que tentateur, présente d'emblée d'excellentes références. Le fait que son volume fictionnel soit court lui donne un autre intérêt a priori : là où certains auteurs se complaisent dans la longueur, pour ne pas dire le tirage à la ligne, ce livre promet d'en venir droit au fait. Bon... il ouvre une trilogie, c'est vrai, mais Annihilation peut malgré tout se lire comme un one-shot, et au vu des mauvaises manies de la SFFF actuelle cela mérite bien d'être souligné comme un avantage.

La Zone X, une région du monde où un événement mystérieux - accident industriel ? expérience qui aurait mal tourné ? - a bouleversé les lois de la nature et transformé un paysage tranquille en territoire hostile à la vie humaine, attire pourtant le regard du gouvernement. Il y a pour cela une bonne raison, et qui plus est une raison inquiétante, ou même plusieurs dont tous ne sont pas connues du monde extérieur - même si, bien entendu, "Government denies knowledge". Les dangers inexprimables de la Zone X ne proviennent d'ailleurs pas tous des conditions anormales qui s'y développent. Certains membres de l'expédition possèdent des informations complémentaires - et même des ordres particuliers : d'ici à imaginer que l'expédition elle-même pourrait bien être truquée, il n'y a qu'un pas, que le lecteur ne va pas tarder à faire de lui-même...

A juste titre, Annihilation se lit donc vite et même d'une traite. Un écueil le menaçait, celui de la fin en queue de poisson : s'il ne lui est pas possible de conclure sur la Zone X - premier tome d'une trilogie... je ne l'ai pas déjà dit ? - il parvient néanmoins à nous offrir une fin conclusive en soldant son intrigue. L'effort est remarquable, il mérite bien d'être salué, contribuant à faire d'Annihilation l'un des titres les plus intelligents qu'il m'ait été donné de lire cette année... Bravo !

lundi 2 mai 2016

Les Nefs de Pangée

Première lecture pour moi d'un livre de Christian Chavassieux, éligible par ailleurs au Prix des Blogueurs Planète SF édition 2016. Le mot Pangée n'est pas sans parler à ma sensibilité de professeur de SVT : le voir apparaître dans un contexte de littératures de l'imaginaire ne pouvait manquer d'attirer mon attention...
Résumé : 
A Basal, c'est une flotte vaincue qui revient de la neuvième chasse à l'Odalim : dispersées par les éléments, les nefs n'ont pu venir à bout du léviathan de l'océan unique, leur commandant perdu en mer et leur nombre au retour divisé par quatre. C'est pour Pangée un cycle néfaste de vingt-cinq années qui s'ouvre - mais pour la Vénérable des Anovia et son Préféré Plairil, c'est l'occasion de répliquer au destin d'une façon inouïe. Autour de Basal va s'organiser une nouvelle chasse de trois cents nefs, chargée de vaincre l'Odalim - car si la dixième est vaincue à nouveau, ce sont pas moins de dix cycles néfastes qui s'imposeront à Pangée... Logal, frère aîné de Plairil, va devoir faire sa part dans la mission de rassemblement des nations de Pangée - ainsi que dans le choix du prochain commandant. La chasse à l'Odalim est pourtant contestée à Basal même, son utilité remise en question par ceux qui ne lui voient qu'une fonction religieuse, bien loin des nécessités de la garde du continent face au mystérieux peuple des Flottants que les nefs n'ont jamais pu exterminer depuis sa première intrusion à terre, dans un passé immémorial... Et si la dixième chasse à l'Odalim était la dernière pour les peuples de Pangée ?
Les Nefs de Pangée démarre comme un roman de fantasy. Un monde imaginaire, figé dans un apparent Moyen-Âge fantasmatique et plus ou moins magique, une quête assortie d'une prophétie et d'une malédiction antique. Entre l'Odalim et les nations coalisées de Pangée, c'est l'opposition entre la mer et la terre qui est mise en scène : l'infinité d'un milieu hostile à la vie terrestre, qui regorge de richesses et de terreurs, dont la géographie semble ignorer le passage du temps, là où les civilisations de Pangée le mesurent en cycles et en années. L'Odalim n'est rien d'autre que la personnification des terreurs maritimes, capable de frapper les nefs où et quand il le désire - et lié pourtant au continent, comme s'il reconnaissait lui-même la nécessité de la lutte. Du côté de Pangée, certains mythes semblent vouloir expliquer les origines de ce conflit éternel, le plus prégnant étant celui selon lequel une chasse échouée entraînera vingt-cinq années de désastres. Ce tableau posé, la première partie du roman permet de mettre en place les éléments attendus : le cercle des personnages qui viendront tenir le premier rang de la quête, une exploration plus ou moins sommaire du continent, et les éléments qui viendront perturber ce bel agencement. Autant dire que Les Nefs de Pangée démarre avec une certaine lenteur : un pari des plus risqués de la part de l'auteur, dans la mesure où à première vue le schéma de son oeuvre n'a rien d'original.

Avec le départ de la chasse à l'Odalim, s'ouvre un deuxième temps qui met l'ensemble en perspective. Sur terre, les ennemis de la chasse mettent à bien leur projet de transformation sociale, introduisant à marche forcée les concepts de monnaie, de propriété, mais aussi de théocratie, imposant donc un basculement civilisationnel. En mer, la chasse dans les mers froides apparaît alors comme un combat mortel entre deux ennemis dépassés par leurs propres enjeux. L'Odalim est condamné par les traits empoisonnés tirés par les nefs, celles-ci ne savent pas que le monde à leur retour aura changé jusqu'à en être méconnaissable : un point de vue tout dunien et très convaincant, l'auteur nous offrant un monde construit pour mieux le réduire en miettes sous nos yeux ! Peu d'auteurs osent en effet susciter chez leur lecteur une image mentale pour mieux la faire voler en éclats une fois la mi-distance franchie... C'est culotté, c'est brillant, et c'est à même de me faire oublier que les cycles de Wilson durent pas moins de cinq cents millions d'années : on ne jongle pas avec le temps sans en payer le prix. Si la justification ultime de la construction audacieuse de Christian Chavassieux semble peut-être un peu faible, il n'en reste pas moins que l'ambition de l'ensemble compense (et même au-delà !) cette seule et unique réserve. Les Nefs de Pangée, c'est de la SF, et c'est un grand livre, de cette espèce qui donne le vertige. Il est remarquable que ce vertige soit acquis au terme d'un seul volume, et que la conclusion de ce livre n'appelle aucune suite : j'ai envie de parier que Christian Chavassieux a fait sien le dicton fremen ‪Arrakis‬ enseigne l'attitude du couteau : couper ce qui est incomplet et dire: "Maintenant c'est complet"... Pour une première rencontre, c'en est une belle, et qui restera longtemps dans ma mémoire : bravo, et merci.

dimanche 1 mai 2016

La vidéo SF du mois - Mai 2016

Pour faire mon retour, en ce jour de Fête du Travail, j'ai trouvé que Adam Real Time Rendered Part 1 constituerait un excellent choix. Le robot, ou l'androïde, est-il le prochain représentant d'une classe d'exploités ? Ou bien y a-t-il dans cette histoire sans paroles quelque atroce sous-entendu ? Après tout... quel ingénieur même dément aurait-il l'idée de produire un robot dont le premier réflexe, à l'activation, serait de tenter de respirer ?

vendredi 1 avril 2016

La vidéo SF du mois - Avril 2016

Pour ouvrir ce mois printanier, j'ai sélectionné un court-métrage intitulé Sputnik. Sans paroles, mystérieux et beau, ce court envoûtant m'a beaucoup plu, car il m'apparaît incarner l'essence de la SF telle que je l'apprécie...


jeudi 31 mars 2016

Mise en pause du blog

Je vous informe que, pour raisons personnelles, ce blog va être silencieux pour le mois d'Avril, à l'exception de la rubrique mensuelle du premier (soit donc demain).

Bon début de Printemps et à bientôt !

mardi 22 mars 2016

Midnight Special

Parfois, le fait d'aller voir un film tient à peu de choses. Une soirée libre, une bande-annonce un peu alléchante... et on est en route pour un film dont on ne sait rien ou presque. C'est ce qui m'est arrivé pour Midnight Special.
Résumé :
Le Ranch, un groupuscule évangéliste au coeur du Texas. Le gouvernement des Etats-Unis, représenté par le FBI et Paul Sevier, analyste venu de la NSA. Une voiture conduite en pleine nuit et tous feux éteints par Lucas et Roy, deux amis d'enfance en fuite. Le point commun entre ces gens n'est autre qu'Alton Meyer, fils adoptif du gourou du Ranch qui le prend pour le Messie, capable de parler en langues et des yeux duquel émane une lumière surnaturelle... alors que pour les services secrets américains, Alton est surtout coupable de révéler lors de ses transes des coordonnées géographiques ultra-secrètes. Roy, le père biologique d'Alton, se lance alors dans une dangereuse quête : emmener son fils en un endroit bien précis, à une date que l'enfant lui-même a prophétisée, contre les chasseurs du Ranch qui pensent que cette date n'est autre que celle du Jugement dernier, contre le gouvernement lui-même... Qui est Alton ? Est-il un danger ou une promesse de salut pour le monde ?
Midnight Special, c'est avant tout une très belle image. Une bonne partie du film se déroule de nuit, pour raisons scénaristiques : la condition étonnante d'Alton en fait un personnage nocturne, puisque la lumière du jour augmente l'intensité de ses crises. Ses protecteurs lui font subir une vie de reclus, tapissant les fenêtres de carton, lui faisant mettre des lunettes et porter un casque anti-bruit afin d'éviter les manifestations qui l'épuisent. Malgré toutes les bonnes intentions de Roy et de Lucas, l'enfant dépérit et le voyage depuis le Texas va peu à peu s'apparenter à une course contre la montre, au cours de laquelle le trio trouvera certains alliés incertains. Midnight Special pousse aussi le soin de ses choix graphiques jusqu'à proposer de véritables "gueules" dont le type physique va coller à l'emploi. Roy et les membres (ou ex-membres) du Ranch ont un visage buriné par la vie au grand air, et un regard plus halluciné que pénétré par la "communion" qu'ils infligent à leur "Messie". Lucas est un policier gagné à la cause de Roy : son expression témoigne sans cesse du fait qu'il ne comprend rien à ce qu'il se passe alors qu'il en est venu lui-même à partager la croyance dont fait preuve Roy. Quand à Paul Sevier, incarné par le même acteur qui joue le rôle de Kylo Ren dans Star Wars Episode VII, son air de geek un peu couillon sur les bords colle on ne peut mieux au personnage de l'analyste mal fagotté mais qui, pourtant, tirera toujours son épingle du jeu dans cette histoire qui dépasse tout le monde.

Midnight Special assume à mon avis tout à fait un certain lien de parenté avec E.T. : on se demande longtemps d'où vient Alton, mais il est certain - puisqu'il le révèle lui-même - qu'il n'est pas tout à fait de ce monde. Est-il extraterrestre ? Est-il un Messie ? Est-il envoyé par des êtres supérieurs à l'espèce humaine ? Est-il présent ici par erreur ? Est-il encore autre chose ? Le choix du jeune acteur - ainsi sans doute que le maquillage qui lui est imposé - tape juste, avec ses traits trop lisses et sa voix trop grave, pour incarner cet enfant différent que trop d'adultes pourchassent pour de mauvaises raisons. Car au fond, cette histoire n'est jamais que celle d'un gosse qui cherche à rentrer chez lui, et qui trouve de l'aide auprès de gens parfois inattendus, comme c'était déjà le cas pour E.T. ... Des très belles images finales, je ne révèlerai rien. Le film lui-même n'explicite pas, de toute façon, le destin final d'Alton. Il suffira d'entrevoir un monde semblable au nôtre, et pourtant différent, et qui pourtant nous dépasse, dont la seule image fugitive est appelée à remplir les vies de ceux qui resteront en arrière. Il a été question ces derniers mois d'une esthétique et d'une vague nouvelle en SF, celle du solarpunk : je crois, en toute bonne foi, que ce film pourrait bien volontiers s'inscrire dans ce nouveau mouvement, et je suis bien content de pouvoir inaugurer cette étiquette sur mon blog avec cette chronique...

vendredi 18 mars 2016

La Faim du Loup

S'il fut un temps où j'ai lu pas mal de fantastique - merci au passage à Maupassant et à Borges pour leurs aimables et inquiétantes contributions à mon imaginaire... -  je dois reconnaître que ce genre ancien parmi ceux que l'on dit mauvais n'est plus de nos jours celui qui emporte au mieux mon adhésion. Il faut dire qu'à coups de (mauvaises) histoires de vampires, le fantastique est bien mal servi à notre époque. Et pourtant, cette chronique sera l'occasion pour moi d'inaugurer un nouveau tag sur ce blog ! A vous de découvrir lequel...
Résumé :
Jamie Cabot a eu l'occasion de vivre à proximité de la maison de campagne canadienne de la famille Wylie, dont ses parents étaient les domestiques : magnats du journalisme, puis de l'immobilier, puis de tout, les Wylie pèsent pas loin de trente milliards de dollars - une fortune qu'ils ont constituée en moins d'un siècle à force de pingrerie et d'un véritable génie financier. Dale, fondateur de la dynastie, et son fils George sont depuis longtemps morts et ont passé le flambeau. Ben vient lui-même de mourir dans des circonstances étranges, retrouvé nu dans la neige canadienne : tout ce qu'il reste, c'est son fils Max qui hérite d'un véritable empire, et Poppy, la soeur adoptive de Ben. Pour Jamie, qui fait des piges dans toutes les feuilles de chou de New York pour assumer son envie de continuer à vivre dans la capitale du monde, une opportunité inouïe se présente lorsqu'on lui commande un papier sur Poppy Wylie. Car il sait pouvoir accéder aux petits secrets de la famille en fouillant leur cottage... sans toutefois se douter qu'aux racines de l'enrichissement des Wylie se cache un secret aussi honteux qu'inavouable...
La quatrième de couverture vend ce livre comme un roman où la lycanthropie n'est jamais qu'une métaphore de l'avidité du capitalisme : de par le fait, les Wylie sont affamés de titres de propriété, eux dont le patriarche a connu jadis une enfance au bord de la misère. La faim des Wylie est cependant mise en cage une fois par mois : à chaque pleine lune, pendant trois jours, les Wylie se changent en loups et s'enferment eux-mêmes pour mettre les autres à l'abri de leurs instincts sanguinaires. C'est là le seul argument fantastique de ce roman : seuls de leur espèce, les Wylie sont des loups-garous trois jours par mois et se changent en capitalistes féroces le reste du temps. Et cela marche : en muselant leurs instincts, les voici au bord de posséder le monde. Aucun d'entre eux n'est pourtant décrit comme un individu mauvais : Dale ne veut que mettre sa famille à l'abri du besoin - et de ses propres secrets. Quand à George puis à Ben, ils se coulent dans leur secret de famille que dissimule une cage de millions puis de milliards de dollars.

Face eux, un personnage mène l'enquête : c'est bien entendu Jamie Cabot, qui va découvrir leur secret inavouable et voudra en faire un livre. Mais comment raconter au monde que les propriétaires de la deuxième fortune des Etats-Unis sont des loups-garous ? Surtout dans la mesure où les Wylie ont les moyens de s'offrir les services des meilleurs avocats et des meilleurs juristes ? La quête journalistique de Jamie va bien entendu tourner court : pour avoir sa place au Soleil à New York, il lui faudra trouver un autre moyen - car le véritable enseignement de l'épopée des Wylie, c'est que l'argent appelle l'argent. Que peut-on encore acheter, quand on a déjà trop d'argent pour être en mesure de le dépenser, sinon encore plus d'argent ?

La Faim du Loup a un mérite, celui d'être un livre qui se lit bien. C'est aussi l'un des seuls que je lui ai trouvés : un argument bizarroïde (pour ne pas dire grotesque), de longs développements sur le mal-être et le destin tragique des pauvres riches, un rebondissement sentimental éculé depuis l'invention de Rastignac, la motivation inexistante du narrateur - qui ne se demande jamais pourquoi d'après lui New York est the place to be - et une conclusion en queue de poisson... Les défauts ne manquent à mon sens pas dans ce roman dont on ne sait trop s'il cherche à raconter l'une de ces success-stories dont les américains sont friands, s'il veut faire la satire de cette société hors-sol des 1% où il est de bon ton de louer une ménagerie pour les quatre ans d'une fillette, ou s'il prétend faire le tableau mensonger d'un monde apaisé par l'extrême richesse et l'abdication du politique devant la finance. Etait-il utile d'inventer une famille de loups-garous pour pondre un roman aussi nébuleux dans ses intentions ?

dimanche 13 mars 2016

Jodorowsky's Dune

Ce Mercredi 09/03 avait lieu, au cinéma Comoedia de Lyon 7ème, une avant-première que les amateurs de SF en général et de Dune en particulier ne pouvaient manquer : celle du Jodorowsky's Dune de Frank Pavich. Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, le grand livre de Frank Herbert a connu au milieu des années 1970 une tentative d'adaptation par Alexandro Jodorowsky, tentative échouée que j'ai déjà évoquée ici. Près de quarante ans plus tard, Frank Pavich a consacré à ce film un documentaire dont la diffusion en France a été retardée : si l'ami Leto - animateur-modérateur du forum De Dune à Rakis (DAR) tout comme moi - a eu l'occasion de le voir au Forum des Images à Paris en Juin 2013, ce film n'a été projeté dans notre pays que d'une façon ponctuelle, lors de festivals, et pas dans le circuit classique. Néanmoins, les obstacles à sa diffusion semblent avoir été levés puisque sa sortie nationale est annoncée pour ce Mercredi 16/03.

Invité par les organisateurs à l'avant-première en tant que blogueur et membre de DAR, il va de soi que j'attendais avec impatience un événement qui s'annonçait d'ores et déjà comme un grand moment dunien. Je n'avais pas encore vu le Jodorowsky's Dune, et si l'ami Ionah possède une ligne de contact avec Frank Pavich, il s'agissait pour moi d'une occasion unique d'approcher une personne ayant eu un accès privilégié à Jodo et à ce qu'il reste à présent de son oeuvre avortée.

Je ne produirai pas de véritable résumé du documentaire de Frank Pavich. Je vous invite à vous rendre dans une salle obscure et à faire vous-même ce voyage vers le passé, à moins qu'il ne s'agisse d'un présent qui n'a pas été. Depuis les débuts de Jodo dans le monde artistique, ses premiers pas dans le cinéma - hallucinantes images de El Topo et de La Montagne sacrée ! - et sa rencontre "par hasard" avec Moebius, le début du documentaire agit comme une introduction pour le plat principal du menu : la construction du fameux storyboard perdu, et en parallèle le recrutement de talents variés, une véritable "dream-team" d'acteurs, d'artistes - de Giger à Pink Floyd ! - unis autour du dantesque projet de Jodo. Dans le même temps, les nuages font leur apparition et obscurcissent peu à peu le ciel du projet, n'empêchant cependant pas les artistes de progresser dans leur oeuvre... La fin de l'histoire est connue : l'avancement du projet lui-même rebute les studios hollywoodiens qui refusent d'ouvrir la vanne du financement - et le beau rêve de Jodo s'évapore - non sans avoir éveillé d'autres rêveurs, sans doute...

A voir tourner page à page quelques morceaux du storyboard signé Jodorowsky et Moebius, l'amateur de Dune sera saisi d'une juste émotion. Il convient de ne pas oublier que Jodorowsky avait l'intention d'adapter l'oeuvre à sa façon, quitte à en transformer certains passages voire même à en modifier le sens, d'une certaine façon : le lecteur dunien pourra froncer les sourcils non sans apprécier toutefois le caractère tragique des scènes qui lui sont dévoilées - ah ! celle de la torture infligée au Duc par ses ennemis Harkonnen ! - car, au fond, ce que voulait Jodo, c'était rien de moins que marquer les spectateurs par la force de sa propre vision. A l'hubris de Jodo répond donc, en toute logique, la véritable effervescence créatrice libérée par le concentré d'artistes rassemblé autour de son projet : c'est en ce sens que le Dune de Jodorowsky fut une oeuvre séminale, dont la défaillance elle-même fut créatrice.

Suite à cette projection, Frank Pavich et moi-même avons été appelés sur scène pour tenir une table ronde. Pas mal de questions se sont adressées dans un premier temps au réalisateur, et beaucoup tournèrent autour du storyboard perdu dont tant de studios hollywoodiens ont été destinataires et qui a été semble-t-il lu et compris par bon nombre de cinéastes ! Je fus plus sollicité en deuxième partie de la table ronde : les organisateurs proposaient en effet deux temps d'interactivité dont l'un autour de la SF en BD. Il fut question, bien sûr, de l'Incaliverse, mais aussi de grandes séries francophones telles que Sillage et Valérian. Dans le flux des questions libres, fut évoqué le cas de la minisérie Dune : nous sommes tombés d'accord pour dire que ce format sériel est sans doute le plus adapté à notre oeuvre de prédilection. A l'heure où "l'Hiver vient" à la télévision, il serait incompréhensible que la planète des sables ne fasse pas de même puisque le public semble être prêt à de tels débordements d'imagination sur le long terme !

Ce fut somme toute une excellente soirée, occasion pour moi de quelques rencontres - à commencer par celle d'Adrien Party de vampirisme.com dont la chronique du film sur ActuSF est d'ores et déjà disponible, et à qui je pardonnerai bien volontiers d'avoir écorché la deuxième partie de mon pseudonyme - à qui j'ai bien entendu recommandé la visite au forum de DAR, mais aussi à ses antennes sur FaceBook et sur Twitter, qui correspondent à autant de voies vers la ressource dunienne de référence en français. Nul doute que la sortie en salles d'un documentaire aussi attendu relancera l'intérêt autour de Dune en France !

mardi 8 mars 2016

L'Evangile selon Eymerich

Il y a une quinzaine d'années, je découvrais la série Nicolas Eymerich Inquisiteur : un cycle de SF mâtinée d'horreur - et non l'inverse, eh oui - signé par un auteur italien. La construction en était souvent stéréotypée : à l'enquête inquisitoriale du redoutable Eymerich répondaient, dans le monde contemporain, des fragments de fiction historique pas toujours tout à fait fictive... ainsi que, dans un monde futur en miettes, les conséquences lointaines des faits et gestes du théologien fanatique. Et puis, après avoir lu le très intéressant Cherudek, j'ai perdu le fil. Retard dans la traduction ou moindre exposition de l'oeuvre en librairie ? A l'époque, je n'avais pas encore eu l'idée de me renseigner sur Internet et j'ai fini par me lasser d'attendre. Jusqu'à ce que, ces derniers jours, je me rende compte qu'un Eymerich avait paru il y a peu de temps : l'occasion de retrouvailles attendues même si retardées !
Résumé :
Nicolas Eymerich, Inquisiteur du royaume d'Aragon, séjourne à Barcelone : un religieux hérétique, Ramon de Tarrega, vient de se suicider dans la cellule du monastère où il était reclus. Arrivé sur place, Eymerich a le déplaisir de découvrir le cadavre du pendu remplacé par une aberration porcine qui elle-même disparaît bientôt ! La chose mériterait enquête , mais le roi Pierre IV préfère l'envoyer en Sicile, une terre rebelle à toute forme d'ordre politique, où l'Aragon désire voir émerger un consensus pouvant mettre fin à la longue guerre civile... Alors que dans le ciel de l'île méditerranéenne apparaissent d'inquiétants disques lumineux et que des géants ressemblant aux Lestrygons de la mythologie grecque y harcèlent les barons, il se pourrait bien qu'une redoutable hérésie soit à l'oeuvre en plein coeur de l'ancien lac romain. Eymerich n'est pourtant pas dupe. Alors que le temps et l'espace eux-mêmes semblent perturbés, il soupçonne un piège bien plus personnel et plus sournois : et si, pour une fois, il était le seul à être visé par les machinations surnaturelles d'un ennemi sans forme ni visage ?
Eymerich, après quinze ans de silence, reste égal à lui-même. L'Inquisiteur est encore et toujours antipathique, misanthrope, obsédé par les puces, les araignées, les parasites et autres bestioles répugnantes qu'il considère comme d'inacceptables souillures de son chemin vers la pureté. Commençant son chemin à Barcelone - ville portuaire et donc à la saleté organique - puis traversant la mer à bord d'une galère, et arrivant enfin en Sicile au beau milieu d'une guerre civile, on le trouve confronté à plus de crasse et d'odeurs de transpiration qu'il ne le trouve supportable. C'est un vrai bonheur de le voir lutter contre ses penchants pour tenir son rang de personnage social dans un univers où chacun ou presque le répugne. Et pourtant, l'Inquisiteur vieillissant fait mieux que bonne figure. Son attitude pour le moins déroutante finit par emporter l'adhésion de ses compagnons de route. Sa capacité à résoudre les problèmes confirme son talent de politique. Personnage complexe et dangereux, Eymerich acquiert ici son plein rang d'anti-héros.

Face à lui, diverses aberrations qu'il tient pour démoniaques alors qu'elles ne sont que scientifiques. Si la grille d'interprétation de l'Inquisiteur, dans un premier temps, semble assez binaire, il finit par se décider à prendre en compte les spécificités culturelles de la Sicile dans son office : afin d'extirper l'hérésie, Eymerich va devoir accepter le fait que l'île où il a été envoyé possède une histoire millénaire, plus ancienne même que sa propre religion, dont les mythes restent vivants ; et qu'à son époque même sa position de carrefour entre l'Aragon et l'Italie, entre la Chrétienté d'une part et l'Islam d'autre part, en fait une terre propice aux réinterprétations... et à l'alchimie. Dans un futur lointain où la Terre est martyrisée par les expérimentations psychiatriques de véritables savants fous, les résultats sinistres de l'évolution d'Eymerich se feront sentir bientôt, car chez Valerio Evangelisti, le présent, le futur et le passé se répondent...

Cette conception si intéressante du temps - au fond pas si éloignée de la notion de physio-temps développée par Isaac Asimov dans La Fin de l'Eternité - semble pourtant bien peu mise en avant par l'auteur dans ce roman qui pourrait bien être le dernier de la série. Car ici, l'intrigue sicilienne occupe non pas la place de témoin passé d'un phénomène éternel - comme c'était le cas dans les morceaux précédents de la série - mais bel et bien celui de témoin du présent : on découvre ici quelques passages nous donnant à voir un Nicolas Eymerich enfant, déjà obsédé par les arthropodes, jouant à la poupée, tenant des discours d'adulte et capable de véritables déchaînements de violence. Destinés sans doute à éclairer sur l'émergence d'une personnalité hors-normes - et constituant au passage l'une de mes deux raisons de penser que ce roman pourrait conclure la série - ces passages ne convainquent pas. Il n'y a en fait rien, dans l'enfance d'Eymerich, à même d'expliquer l'apparition de son singulier talent d'Inquisiteur. L'ensemble en ressort du coup presque bancal, et c'est bien dommage : il y avait tant à faire avec un Eymerich plus vieux, toujours victorieux et pourtant toujours plus craint et haï par ses contemporains...

mardi 1 mars 2016

La vidéo SF du mois - Mars 2016

Atlas est un superbe court-métrage de SF par Benedict Jewer.

En 2066, une mission d'exploration spatiale est envoyée aux confins du Système Solaire. Après avoir atteint Neptune, à neuf cent milliards de kilomètres de la Terre, la mission disparaît à tout jamais...