Une Affaire de Famille

De Charles Stross j'ai déjà critiqué ici Jennifer Morgue, et j'en avais profité pour présenter trois autres de ses livres. Il s'agit d'un auteur que je considère comme "à suivre" en raison de sa créativité ainsi que de l'humour décalé de ses créations...

Résumé :
Miriam Beckstein travaille dans un journal de potins à caractère économico-financiers. Un jour, sa fidèle assistante, Paulette, lui met sous le nez une abondante documentation sur une énorme opération de blanchiment d'argent sale. Dans l'heure qui suit, les deux amies sont virées de leur journal : il se trouve que leur hiérarchie possède sans nul doute des intérêts dans cette opération ! Désemparée, Miriam va demander conseil à sa mère adoptive, qui décide alors que le moment est venu de lui remettre la boîte à chaussures dans laquelle, depuis l'adoption, attendent les effets personnels trouvés trente-deux ans plus tôt à proximité du corps sans vie de la mère biologique de son enfant. Dans la boîte, un étrange médaillon qui propulse Miriam (au prix d'abominables maux de tête) dans un monde parallèle où le petit peuple vit dans des conditions moyenâgeuses, et où une puissante aristocratie domine la société. Entre ce monde et celui de Miriam, les hommes et les femmes du Clan (un réseau de familles nobles) qui possèdent le talent peuvent transporter individus et marchandises. Miriam, héritière d'une famille du Clan, disparue lorsque sa mère a tenté de s'échapper pendant une guerre civile, apprend qu'elle est une comtesse au Gruinmarkt. Et que l'immense richesse de sa famille, des deux côtés de la frontière entre les mondes, provient du transport de marchandises pas très légales. Abasourdie par cette découverte qui heurte toutes ses convictions, comment va-t-elle survivre dans ce nouveau monde où elle est sans amis ni alliés ?
Autant commencer par dire que j'ai moins accroché avec ce bouquin qu'avec les autres que j'ai pu lire de lui. L'écriture, le style, ne sont pas un problème : ce livre est un page-turner, ingurgité en trois soirées de lectures intensives, et j'ai retrouvé - dans l'ensemble - ce même langage qui m'a tant convaincu par ailleurs. Hélas, et cette fois-ci, le propos est bien moins croustillant, bien plus classique, et surtout bien plus fade. La quatrième de couverture annonce : "c'est effrayant, c'est drôle, c'est du Stross". Je vais régler son compte à ces trois assertions dans le sens inverse : oui c'est du Stross (puisque c'est écrit sur la couverture, au minimum), drôle : j'en suis pas si sûr, je n'ai quand même pas trop souri (pas comme dans Jennifer Morgue ou les autres), et quand à dire que c'est effrayant, je n'ai qu'une réaction, celle de ma grand-mère qui a un Alzheimer : ah bon ? D'un autre côté, il est difficile d'en vouloir à l'éditeur de produire ce genre de quatrième de couverture. La plupart des gens la lisent avant d'acheter le livre.

J'ai eu l'occasion de dire que certains livres, bien qu'écrits par des auteurs très différents, possèdent un genre d'ambiance commune. Là, devant l'héroïne-plus-maligne-que-ses-adversaires (c'est-à-dire, moins débile qu'eux) qui découvre un univers chelou dans lequel, de toute évidence, elle va progresser très, très haut, j'ai eu le sentiment de me trouver dans un mauvais Ann McCaffrey (auteure pour laquelle j'ai beaucoup de respect mais qui, je dois le reconnaître, n'a pas toujours délivré des chefs-d'oeuvre).

En un mot : décevant. Vous me direz peut-être que ce n'est que l'ouverture d'une série (une trilogie) et que je devrais attendre avant d'arrêter mon avis. Je vous répondrai que je n'en ai pas envie, a priori. Et puis, une trilogie... vous savez ce que je pense des trilogies en SF : la même chose que des pentalogies en BD. A savoir, pas beaucoup de bien a priori.
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Commentaires

Gromovar a dit…
Merci pour l'info. Je zappe.
Anudar a dit…
Encore une fois, je fais mes chroniques dans l'optique d'inciter les gens à se faire leur propre avis. J'ai été déçu. Mais ça ne veut pas dire que d'autres personnes, au contraire, ne seraient pas emballées.
Gromovar a dit…
Ca devient la précaution d'usage ;-)

Dans la mesure où je n'ai pas le temps de lire tout ce qui sort (même si j'ne avais l'envie), je m'attache aux critiques des gens en qui j'ai un peu confiance.

La preuve, il y a quatre ans je chroniquais ça http://quoideneufsurmapile.blogspot.com/2007/07/choisir-un-bon-vin-ou-un-bon-mdecin.html

Malheureusement à l'époque j'étais trop court, mais l'idée y est.
Bardablog a dit…
J'ai ressenti la même déception en le lisant.. J'avais beaucoup plus accroché sur "le bureau des atrocités"...
Anudar a dit…
@Bardablog : on est donc d'accord.
Ben moi ça me donne quand même envie ^^
Anudar a dit…
@Lord Orkan Von Deck : au fait, steampunk oupah ?