Roverandom

Pour le moment, J.R.R. Tolkien n'est pas souvent apparu sur ce blog hormis par l'intermédiaire de son court roman Les Enfants de Hurin. On me souffle dans l'oreillette que le numéro 76 de la revue Bifrost attend d'être chroniqué depuis des mois et je m'en occuperai sans doute bientôt, mais dans l'immédiat, parlons un peu de ce Roverandom que l'éditeur annonce être le "chef-doeuvre [de Tolkien] avant Bilbo"...
Résumé : 
Rover est un chiot qui, un jour, a la mauvaise idée de mordre le pantalon du magicien Artaxerxès : incontinent, le vieux grincheux le change en jouet de plomb, bientôt vendu puis offert à un petit garçon ! Celui-ci ne se doute pas que son jouet n'est autre qu'un vrai chien, capable de s'animer... Mais voilà que Rover, un jour, tombe de la poche de son petit propriétaire et, perdu sur une plage de sable, passe aux mains d'un nouveau magicien. Pour le chiot ensorcelé, le voyage vers la libération commence et pourrait bien passer par des endroits inattendus...
D'après la préface très bien documentée de ce livre, le conte Roverandom est inspiré au départ d'une situation réelle : l'un des fils de Tolkien aurait perdu son jouet favori sur une plage. L'auteur n'aurait alors rien fait d'autre que de bâtir sur cet incident anodin - et grave pourtant aux yeux d'un enfant - une histoire destinée à consoler son fils. L'attention est aussi délicate que touchante et nul doute que bien plus tard, Tolkien étant devenu reconnu et le fils adulte, le deuxième a dû considérer cette oeuvre d'une façon bien différente...

Les amateurs du légendarium ne trouveront ici pas de trace, ou presque pas, de l'abondante mythologie de la Terre du Milieu. Pas d'Elfes, pas de Nains, et s'il existe là-dedans magiciens, dragons et... araignées, ils n'ont que peu à voir avec les Gandalf, Smaug et autres Arachne dont les existences étaient encore dans les limbes de l'imaginaire. Au lieu de cela, on trouve ici un Tolkien à la plume toujours aussi efficace même si elle prend ici des accents de douceur et, surtout, comiques par moments. C'est en réalité une oeuvre qui gagne, je pense, à être lue et connue, que l'on soit un vieil arpenteur de la Terre du Milieu ou que l'on débute en fantasy... et qui gagne peut-être aussi à être lue à un enfant lui-même inconsolable ?

Commentaires

Vert a dit…
C'est sympathique à lire mais c'est pas non plus son oeuvre ultime ^^
Anudar Bruseis a dit…
Non, ça c'est vrai. Mais d'un autre côté, pour une oeuvre "de jeunesse" qu'il a peu remaniée ensuite, ça reste un morceau intéressant.