Le Dirdir

J'ai poursuivi ma lecture du Cycle de Tschaï de Vance avec ce troisième volet de la quadrilogie, ingurgité en quelques heures de lecture...
Résumé : 
Ayant échoué à voler un astronef Wankh, et toujours naufragé sur l'exotique et hostile Tschaï, Adam Reith poursuit sa quête... A Sivische, voisine de la ville des Dirdir et de leur vassaux, il sait qu'il pourra peut-être se faire construire un vaisseau spatial à même de le ramener sur Terre et c'est pourquoi il prend la décision de s'y rendre, toujours accompagné de son ami nomade, le jeune Traz, et de l'Homme-Dirdir Anacho, paria de son propre peuple. Mais pour parvenir à ses fins, il lui faudra engager des sommes considérables dont il ne dispose pas. La seule solution consiste à moissonner les sequins de l'île de Carabas - et l'endroit est aussi l'un des lieux de chasse favoris des féroces Dirdir. Les ruses de Reith lui permettront-elles de s'échapper de Tschaï ?
Une fois de plus, Vance propose une intrigue ramassée qui se déroule à cent à l'heure. Deux lieux principaux seront visités : outre l'île de Carabas, la ville de Sivische va devenir un des emplacements de l'histoire. Alors que les deux précédents volets nous montraient un Reith faisant table rase de ses précédentes péripéties, celui-ci le montre peut-être plus déterminé à réussir son pari fou. La ruse de guerre qui lui permet de remporter un butin colossal de l'île de Carabas - qui est en réalité un piège ignoble destiné au plaisir prédateur des Dirdir - ne rend en astuce qu'à la façon dont il se tire, et ses amis avec, d'un fort mauvais pas au terme de cette histoire. L'homme de la Terre est peut-être perdu sur Tschaï, mais la société de celle-ci, encroûtée dans un inextricable tissu de non-dits, de particularismes et de relations sociales tendues mais rendues inaltérables par la tradition jamais questionnée, se révèle en fin de compte assez peu capable de réagir à ses idées nouvelles.

Plus que jamais, l'espèce extraterrestre qui donne son titre au livre en constitue le sujet majeur. Pour la première fois depuis l'ouverture du Cycle de Tschaï l'auteur propose un portrait fouillé d'extraterrestres décrits comme semblables aux grands félins de la Terre : prédateurs dangereux sous tous les angles et capables de s'adonner à une transe de combat, les Dirdir se trouvent en fin de compte piégés par leurs propres coutumes et lois - mais peut-on les appeler ainsi dans la mesure où ce peuple n'a pas d'intérêt pour ses propres origines ? En apparence plus semblables aux êtres humains que ne l'étaient les Chasch et les Wankh, les Dirdir sont en réalité eux aussi étranges et inquiétants. Leur portrait, plus qu'un autre, montre que Tschaï et sa société sont en réalité sénescents - à moins qu'une faction discrète ne tire toutes les ficelles en sous-main... Et c'est de la part de l'auteur une véritable preuve de talent que de construire un monde si simple et en même temps si dérangeant que Tschaï. Nul doute que le dernier volet de cette histoire, dont l'intrigue semble bien peu prévisible à ce stade, permettra de dégager le schéma de l'ensemble...

Commentaires

Efelle a dit…
Mon tome préféré...
Anudar Bruseis a dit…
J'attends un peu pour me prononcer mais... ça pourrait bien être le mien aussi.