La Compagnie noire

Voici un livre qui m'a été offert - et dédicacé - par un vieil ami qui tenait beaucoup à ce que je le lise. Voici qui est à présent chose faite !
Résumé : 
La Compagnie noire est une troupe mercenaire composée de durs à cuire pas difficiles quant au choix de leurs employeurs dès lors que la solde est bonne. Alors, quand l'un des dix Asservis de la Dame vient leur offrir un nouveau contrat - peu de temps avant que leur précédent employeur ne disparaisse dans d'étranges circonstances - les mercenaires de la dernière Fraternité guerrière ne sont pas très longs à honorer l'invitation. L'Empire magique de la Dame est menacé par une rébellion plus puissante qu'elle ne devrait, et qui parvient même à mettre en difficulté les forces loyalistes malgré leur supériorité tant militaire que magique. Dans quel bourbier les mercenaires de la Compagnie noire sont-ils en train de s'enfoncer ?
De la magie. Des escarmouches. Des complots. Des batailles dantesques. Bienvenue dans un univers de fantasy bien caractérisée, qui parvient à réaliser une espèce de synthèse entre les enjeux du legendarium de Tolkien et ceux de la saga du Trône de Fer de Martin. La Compagnie noire, c'est un roman où l'on se sent assez vite en terrain familier, peut-être même un peu trop si bien que j'ai mis beaucoup de temps à mobiliser l'envie d'aller voir au-delà de ses quarante premières pages : à force d'être confronté à ces mondes où le Moyen-Âge semble ne jamais prendre fin, il est vrai que le lecteur finit par en éprouver quelque lassitude - et ce tout comme, à ce qu'il paraît, les lecteurs de space-opera dans les années 30 pouvaient éprouver quelque agacement à découvrir qu'un auteur s'était contenté de maquiller à force de vaisseaux et d'aliens rien d'autre qu'une bête intrigue de western. Toutefois, le récit de cette guerre sale - au sens de : plus sale que les autres - vient à la rescousse du lecteur : les enjeux du conflit dépassent l'entendement de ses protagonistes, qui ne sont en fin de compte que des pions sacrifiable sur un échiquier où pas un coup n'est joué sans une arrière pensée. Les mercenaires de la Compagnie noire gagnent toutes leurs batailles, mais pour des raisons inexplicables il semble que la Dame soit en train de perdre la guerre. Et voici que celle-ci s'infiltre jusqu'au cœur de l'Empire...

Dans ce récit au premier abord peu original, la touche qui le distingue provient en premier lieu de la truculence des personnages qui sont tous - sans exception - affublés de surnoms tous plus marrants les uns que les autres et qui signalent une particularité physique (ou une autre, parfois). Ces mercenaires bruts de décoffrage, dont le métier n'est autre que pillages, meurtres et viols, en ressortent plus humains que je ne l'aurais cru possible, et presque attachants par moments dans leur fragilité. Car oui, tous possèdent quelque fragilité derrière leurs allures de durs à cuire, et Toubib - lequel, au-delà de remplir des fonctions évidentes au sein de la Compagnie, en est aussi l'annaliste et par conséquent le narrateur du roman - n'est pas le dernier dans ce cas. Le deuxième élément distinctif de ce roman, c'est bien sûr les horreurs de la guerre - qu'elles soient infligées aux civils, à l'ennemi ou aux compagnons d'armes, et qu'elles soient physiques ou psychologiques - et dont les coûts sont présentés avec soin : quand la guerre est sale, même ses chiens peuvent être tentés de s'en échapper la queue entre les jambes. Voici une histoire qui se révèle plus intéressante que celle d'un n-ième complot entre magiciens : celui-ci ne prend sa dimension que parce qu'il apparaît en filigrane des préoccupations terre-à-terre d'une troupe de bidasses, ayant des préoccupations de bidasses, dans un univers de boue et de mort. Intéressante lecture, en fin de compte : il se pourrait que je prête attention à ses suites un jour ou l'autre...

Commentaires

Baroona a dit…
Découvert il y a peu aussi pour moi, et j'ai vraiment bien aimé au point d'enchaîner sur les deux suivants : c'est peut-être un chouïa moins bien vu qu'on perd la surprise initiale, mais ça reste très bon et dans la même veine.
Anudar Bruseis a dit…
C'est ce que pas mal de gens m'ont dit : la suite est intéressante mais sans plus. Donc, je pense ne pas m'y intéresser tout de suite :)
Miroirs SF a dit…
On me l'avait recommandé. Content donc d'avoir pu lire ton article qui me permet de voir qu'en fait ce n'est pas trop pour moi ^^. J'ai l'impression qu'il y a trop de baston à mon goût. Qu'il y en ait, ça ne me gêne pas, mais j'ai l'impression que c'est trop au cœur du récit.
Anudar Bruseis a dit…
Désolé pour le délai de réponse !

Ce n'est pas non plus "que" de la baston même si celle-ci joue un rôle central dans le récit... et même si, en quelque sorte, elle en constitue l'un des personnages.