Antarès tome 6

Ah, enfin ! Enfin le cycle Antarès de Leo, inclus dans son univers des Mondes d'Aldébaran, trouve sa fin avec ce tome 6 tant attendu. Le tome 5 m'avait laissé une impression d'inachevé, l'intercalage d'une série plus ou moins parallèle m'avait agacé - à tel point d'ailleurs que je m'étais abstenu de chroniquer sur ce blog son troisième tome. Il restait donc à l'auteur un album, un seul, pour le nécessaire travail de conclusion. Allait-il remplir le contrat ?
Résumé : 
Sur Antarès-4, les équipiers de Kim ont découvert avec stupéfaction la matérialisation d'une navette spatiale identique à celle avec laquelle cette mission de secours est venue d'Antarès-5. Pour Jedediah Thornton, c'est l'occasion de rencontrer les extraterrestres supérieurs qui doivent, il en est persuadé, confirmer sa foi si profonde. Mais pour Kim, c'est peut-être l'occasion de retrouver sa fille "enlevée" sur la planète voisine par un rayon venu d'ici... Sur Antarès-5, des pluies diluviennes menacent l'installation de la colonie et surtout l'exploitation du minerai si précieux par Forward Enterprises. Alors que le projet Antarès menace de tourner court, Kim va-t-elle remettre la main sur sa fille Lynn ? Et les extraterrestres de la race de Sven, le père de Lynn, sont-ils prêts à officialiser un contact avec l'humanité ?
Je commencerai par le pas bon de ce dernier album. Alors que le cycle précédent - Betelgeuse - tentait une conclusion quelque peu bateau, impliquant une histoire d'amour extraterrestre pour l'héroïne principale de cet univers, il a fallu se coltiner tout le long d'Antarès avec la présence de Lynn. Pas aussi agaçante qu'une Rosée du Matin dans Yoko Tsuno, Lynn dérange quand même car par elle c'est tout l'univers des Mondes d'Aldébaran qui déraille d'une SF plutôt sérieuse vers du pulp mal réchauffé. Par ailleurs, alors que Marc était le personnage principal du premier cycle Aldébaran, il est clair depuis Betelgeuse que Leo a fait son choix et décidé de donner à Kim une place prépondérante. Cela finit par confiner au grotesque lorsque la jeune femme est intronisée unique interlocuteur entre les extraterrestres de l'espèce de Sven et l'humanité : à quel titre ce choix est-il fait ? Certes Kim a-t-elle bénéficié des gélules bleues de la mantrisse depuis le début ou presque de cette histoire... mais c'est le cas d'autres personnages tout aussi intéressants - et l'on a un peu de peine à ne pas croire que l'élément décisif, en la matière, est d'avoir couché avec Sven. Les mauvais esprits parleront de promotion canapé. Il est vrai que Leo, dans sa leçon de morale humaniste, n'y va pas toujours avec le dos de la cuillère comme en atteste le sort qu'il réserve à Jedediah Thornton - mais il est vrai aussi que ce même Jedediah était quand même détestable.

Malgré ces gros points noirs, ce sixième album prend la peine de construire une véritable conclusion - et surtout d'apporter un point final possible à l'ensemble de ces trois cycles. Je ne dirai pas que tous les mystères des Mondes d'Aldébaran sont levés mais avec le premier contact officiel avec une espèce extraterrestre - et humanoïde ! - c'est un nouveau pan de l'histoire humaine qui s'ouvre. On connait Leo, et l'on connait son goût pour l'humanisme : nul doute que son intention est de montrer que ses extraterrestres capables d'une vie amphibie, plus avancés que l'espèce humaine, peuvent lui apporter beaucoup dans la voie vers l'âge adulte. C'est donc encore une fois d'une leçon de morale humaniste qu'il est question - et cette idée-là est bien plus intéressante que celles qui impliquent les désillusions de Jedediah Thornton. La fin d'Antarès est en réalité ouverte et l'étiquette "fin de cycle" en couverture laisse entendre que la suite, si bien sûr suite il y a, se déroulera dans un contexte différent. Sur Aldébaran, où il faudra bien étudier le cube mystérieux rempli de passages vers d'autres mondes ? Dans le cycle des Survivants déjà cité plus haut, que Leo n'a pas hybridé avec Antarès au contraire de ce que je craignais ? Ailleurs dans l'univers infini des Mondes d'Aldébaran ? Sans être enthousiasmant, cet album ouvre de nouveaux horizons. Il reste à Leo une possibilité, celle du renouvellement de sa propre série : gageons qu'il dispose de l'expérience nécessaire pour y parvenir.

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