Locke & Key saison 1

Nouvelle série recommandée par le service de streaming auquel je suis abonné : à défaut d'autre chose à me mettre sous la dent ces derniers temps, j'ai décidé de lui donner sa chance...
Résumé : 
La famille Locke a été marquée par une récente tragédie : Rendell Locke a été assassiné par l'un de ses élèves, et ses enfants comme leur mère Nina ont été les témoins du crime. Pour prendre un nouveau départ, les derniers Locke quittent Seattle pour une petite ville du Maine où se trouve Keyhouse, la maison ancestrale où Rendell a passé son enfance. Les y attend l'oncle Duncan Locke et des personnes qui ont connu Rendell alors qu'il n'était qu'adolescent. Bientôt, des événements étranges ont lieu : Bode, le petit dernier, découvre au fond d'un puits une femme étrange qui lui propose de partir à la recherche de clés dissimulées dans le manoir... et bon nombre des habitants de la ville côtière semblent en savoir beaucoup plus long qu'ils ne le disent sur le passé de Rendell et sur la maison elle-même. Est-il bien prudent de partir à la recherche des clés ou du passé de la famille Locke ? Y aurait-il un lien entre les premières et la mort brutale de certains amis de Rendell, dont il n'a jamais parlé - pas même à Nina ?
Le présupposé de Locke & Key est l'existence d'une dimension alternative où vivraient des entités perverses et peut-être même démoniaques. Les clés que Bode puis son frère Tyler et sa sœur Kinsey découvrent l'une après l'autre sont liées à cette dimension parallèle : si elles rendent possibles une forme de magie - la clé visible sur l'affiche officielle de la série permet par exemple d'accéder à ses propres souvenirs et à ses émotions, et même de les modifier par addition ou suppression - elles représentent un danger intrinsèque. Cette magie n'est pas anodine et n'est en tout cas jamais bénigne, comme en témoignent les premières expériences des enfants Locke : à les voir tenter de comprendre par le jeu des essais et des erreurs, le spectateur finit par réaliser qu'à leurs tâtonnements répondent ceux de Rendell et de ses propres amis - lesquels tâtonnements ont fini par très mal tourner. La présence de Dodge, une femme inquiétante qui connaît fort bien les clés, vient compliquer la lecture du schéma : qui est-elle au fond ? S'agit-il d'une amie devenue l'ennemie de Rendell, d'une rivale... ou bien d'une créature bien plus dangereuse qu'un simple être humain dévoré d'ambition ?

D'un point de vue graphique et narratif, Locke & Key reprend les codes du film d'horreur : maison inquiétante, bruits, mouvements aperçus du coin de l’œil et terreurs nocturnes viennent enrichir le spectacle et le rendre inquiétant à souhait. Une astuce de scénario permet d'isoler les enfants Locke dans leur lutte contre Dodge : le secret des clés, comme leurs effets, s'effacent de la mémoire des adultes... Si chacun est soumis à l'influence de la magie, seuls ceux qui sont susceptibles d'y croire peuvent en garder le souvenir sur le long terme - et comment y croire sinon en ayant eu à l'éprouver au préalable ? Le groupe de héros parviendra pourtant à s'enrichir de quelques alliés rameutés au lycée ou dans le proche entourage des enfants Locke, la difficulté principale étant de constituer une équipe aussi fiable que possible - si la chose est possible, certaines clés venant rendre la réalité tangible moins sûre et facilitant ainsi les actions de Dodge.

Si son argument, son graphisme et sa narration méritent l'intérêt des amateurs du genre, la difficulté principale qui gêne une parfaite adhésion relève bien entendu de la façon dont sont traitées les relations entre personnages. Leur existence est nécessaire à l'ensemble et l'on comprend bien qu'avec le déracinement de la famille Locke - ou, pour être plus précis, à son retour dans son berceau ancestral après une génération d'éloignement - il soit nécessaire d'établir de nouvelles relations, lesquelles ne peuvent pas être sans leur lot de non-dits voire même de secrets malsains. Il n'en reste pas moins que l'on peut être déçu de voir l'importance que prennent certains conflits ou certaines affections : si l'horreur psychologique aurait pu être une dimension intéressante à explorer dans cette série, le fait est qu'elle ne l'est pas et que l'approfondissement des relations entre les personnages n'apporte somme toute rien à l'ensemble. Sur ce plan, Locke & Key finit donc par ressembler à un brouillon de Harry Potter pour pré-post-adolescents : il était légitime d'en espérer bien mieux...

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