Les Rois des Etoiles

Edmond Hamilton est déjà passé sur ce blog d'une façon fugitive, à la faveur des éditions 2010 et 2011 du challenge estival du RSFBlog. Bien qu'ayant croisé le nom de cet auteur dans l'introduction au très bon Histoires Galactiques, je ne m'y suis jamais intéressé à l'époque où j'ai dévoré Dune et Fondation : partant du principe qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire, une petite visite chez mon bouquiniste préféré m'a permis de me procurer Les Rois des Etoiles et sa suite qui sera chroniquée bientôt car déjà commencée, à cette heure...
Résumé : 
John Gordon est un obscur comptable new-yorkais, tout juste revenu de la guerre du Pacifique, dont la vie monotone bascule quand il reçoit un étrange message : une voix s'adresse à lui, depuis le futur, celle de Zarth Arn, prince du sang de l'Empire du Centre. En effet, deux cents mille ans après le XXème siècle, voilà que l'espèce humaine contrôle une bonne partie de la Galaxie, et qu'y coexistent bon nombre de puissants Etats parmi lesquels domine l'Empire... Zarth Arn veut échanger son corps avec John Gordon, afin d'étudier le XXème siècle qui lui est tout à fait inconnu : en contrepartie, le comptable pourra bénéficier pendant quelques jours d'un aperçu du glorieux futur de l'espèce humaine, celui des Rois des Etoiles. Ce que ni l'homme du présent ni celui du futur ne savent encore, c'est que la Ligue des Mondes Obscurs, farouche ennemie de l'Empire, a choisi le même moment pour monter un ignoble complot destiné à plonger la Galaxie dans la guerre civile... Propulsé bien malgré lui au beau milieu d'un conflit galactique, Gordon piégé dans le corps de Zarth Arn saura-t-il jouer le rôle que l'on attend de lui ?
Les Rois des Etoiles est un court roman, découpé vingt-huit chapitres dont chacun se termine sur un cliffhanger, où l'action - diplomatique ou spatiale - ne s'interrompt jamais passé le tout début. En effet, une fois Gordon dans la peau de Zarth Arn, le voici propulsé de force à des milliers d'années-lumière de la Terre et du laboratoire où se trouvent les instruments destinés à réaliser l'échange de corps à travers le temps... et conduit à la capitale impériale, qui n'est pourtant que le début de son voyage. Nécessités du service de l'Etat -impliquant mariages arrangés ou morganatiques, relations diplomatiques et complots, rien n'est épargné au petit comptable qui, pourtant, finit par s'en tirer d'une façon plus qu'honorable. C'est peut-être la seule faiblesse de ce livre : on a de la peine à croire qu'en deux cents mille ans rien d'autre n'aurait été inventé, promettant un dépaysement plus incompréhensible à l'homme des années 40 du XXème siècle.

Et pourtant, cela marche. Un univers où il est difficile de ne pas se croire dans Star Wars - on en viendrait presque à confondre Lianna, reine de Fomalhaut, avec la princesse Leia ou même Padmé Amidala, car la première n'a rien à envier aux deux dernières en termes d'intrépidité, bien loin d'être un personnage de potiche, performance à noter pour une oeuvre des années 40. Un univers qui évoque bien sûr Fondation, le schéma psychohistorique en moins, la réflexion galacto-politique en plus. Oeuvre écrite quelques années après les bombardements nucléaires américains sur le Japon, Les Rois des Etoiles nous montre un univers où la puissance dominante possède une arme trop terrifiante et même trop dangereuse pour être utilisée - mais pourtant, une arme qui sert de garantie à la paix globale. Hamilton a-t-il prophétisé l'équilibre de la terreur ? Peut-être. Avec ce roman, il ouvre toutefois une porte vers un univers des plus intéressants, que je regrette, à titre rétroactif, de ne pas avoir exploré plus tôt... C'est à présent chose faite !

Commentaires

Ksidraconis a dit…
Je me souviens avoir lu Les Rois des étoiles et Le Retour aux étoiles il y a pas mal de temps (10 ans voire un peu plus peut être) mais malheureusement je n'en ai plus AUCUN souvenir, même ton résumé et ce que tu en dis ne réveillent rien dans ma mémoire... (ou peut être que c'est une chance : je vais pouvoir les relire comme une première fois) -- mais en tous cas, ce dont je me souviens, c'est que j'avais adoré ! :-D
Anudar Bruseis a dit…
Moi en tout cas j'adore, et je regrette bien de ne pas avoir lu ça plus tôt. Je me demande jusqu'à quel point ils n'étaient pas disponibles en librairie quand j'étais au Lycée... Du coup je serais passé à côté à l'époque où j'écumais les rayons de mon libraire préféré :P
Efelle a dit…
J'ai toujours reculé devant Hamilton de peur que son univers ne soit un peu trop daté à mon goût... Pas sûr d'être client.
Anudar Bruseis a dit…
C'est vieilli, c'est vrai, mais ce n'est pas *mal* vieilli. Si tu as par le passé apprécié les premiers Asimov, tu devrais te sentir en terrain bien connu.
Escrocgriffe a dit…
Il faut que lise du Hamilton, c’est quand même à la base le lointain géniteur du capitaine Flam !
Anudar Bruseis a dit…
Pas le "lointain" mais, d'après moi, le géniteur tout court. Il me semble que les aventures de "Captain Future" sont assez proches de celles du Capitaine Flam :)