Retour sur Aldébaran tome 1

Ces jours-ci, la série Les Mondes d'Aldébaran nous est revenue à travers l'ouverture d'un nouveau cycle. J'ai déjà eu l'occasion ici de parler d'Antarès - le troisième cycle de la série - et de Survivants - un spin-off qui a fini, d'une façon que je n'ai pas encore dite car je n'en ai pas chroniqué les derniers albums, par s'hybrider avec la série principale : les habitués de ce blog savent donc à quel point Leo - l'auteur de cette magnifique série - a pu me frustrer par le passé... L'ouverture d'un nouveau cycle dans cet univers est donc un moment délicat, pour l'auteur comme pour son lecteur !
Résumé : 
Après les péripéties de sa mission sur Antarès, Kim rentre enfin à la maison. Cela fait trois ans qu'elle n'a plus mis le pied sur Aldébaran - et bien que les autorités la tiennent en très haute estime, elle découvre avec horreur que son propre peuple se méfie d'elle... au point que certains fanatiques osent un attentat contre elle et sa fille ! Alors que les représentants du peuple extraterrestre dont est issu le père de Lynn emmènent la petite fille sur leur planète pour la soigner, Kim se retrouverait bien seule sans l'amitié de ses vieux compagnons du groupe de la mantrisse... et sans celle toute neuve de Manon, une des naufragées du Tycho Brahé arrivée deux ans plus tôt sur Aldébaran suite à une aventure rocambolesque. Alors que la relation de coopération très limitée avec les extraterrestres est de plus en plus critiquée par les opinions publiques sur la Terre et sur Aldébaran, Kim va devoir mener de front plusieurs batailles... Pourra-t-elle maintenir le lien ténu entre les êtres humains et leurs lointains cousins de l'espace qui se révèlent si méfiants ? Où mène la porte quantique du cube découvert sur un continent peu exploré d'Aldébaran ? L'aide de Manon ne sera pas de trop pour faire face à ces nouveaux défis...
La couverture dévoilée quelques temps avant la sortie de l'album annonçait la couleur : cette fois-ci, Leo l'a fait, et Survivants cesse d'être un spin-off pour se changer en préquelle ; Kim et Manon se sont rencontrées, elles sont devenues amies et elles partageront cette aventure. Je regrette à nouveau la distance toujours plus grande qui est mise entre Marc et le rôle principal : véritable "héros avorté" de la série toute entière - il était le narrateur d'Aldébaran, a été mis sur la touche pendant Bételgeuse, est revenu en tant que second rôle dans Antarès avant de se révéler tout à fait absent de Survivants... alors même que Kim disposait d'une courte citation - il semble appelé ici à ne jouer qu'un rôle accessoire. Et c'est dommage, car le retour sur Aldébaran aurait pu être l'occasion de lui donner à nouveau le premier rôle, et de s'échapper peut-être un peu de la ligne d'intrigue centrée autour de Kim... chose que Leo ne désirait pas, comme on aurait pu s'en douter : après tout, Manon n'était-elle pas un avatar de Kim en un lieu et une époque où celle-ci ne pouvait apparaître ?

Leo se révèle pourtant conscient des risques encourus par son univers s'il se mettait à répéter sans cesse les mêmes schémas : c'est avec intérêt que le lecteur découvrira quelques idées intéressantes qui singularisent bel et bien cet album dans la série toute entière. La première de ces bonnes idées n'est autre que le drame initial : en privant Kim de la présence de sa fille, Leo élimine en quelques pages tout danger de type "Rosée du Matin" - la fille adoptive de Yoko Tsuno - et garantit que l'intrigue ne subira donc aucun parasitage... et de par le fait, cela coule de source tout au long de l'album ! La deuxième bonne idée de Leo, c'est celle qui consiste à modifier le cocktail habituel du danger : d'ordinaire dans les albums des Mondes d'Aldébaran celui-ci s'incarne à travers les "grosses bêtes" et les systèmes hostiles, qu'ils soient politiques ou religieux ; ici, les animaux dangereux sont tout à fait absents et l'ennemi prend donc une forme tout à fait humaine... et trouve même un étendard à travers le visage de Jedediah Thornton ! Enfin, la troisième bonne idée de Leo, c'est de revenir à un procédé de narration similaire à celui d'Aldébaran, où Marc était le narrateur : cette fois-ci, c'est le compagnon de Manon qui joue le rôle de témoin privilégié de l'histoire, un rôle qu'il tenait déjà dans Survivants.

Ce Retour sur Aldébaran, avec ses originalités, se révèle donc de très bon augure pour la suite. Bravo !

Commentaires

Tigger Lilly a dit…
N'ayant lu qu'Aldébaran et Bételgeuse, je lis ton billet en diagonale mais je m'arrête à ta conclusion pour répondre à ma question sur la pérennité de la qualité de la série.
Anudar Bruseis a dit…
Il y a des moments, avec Leo, où il est légitime de craindre le pire. Là, c'est plutôt bien parti.