Le Cimetière des Astronefs

Parce que je ne lis pas que des romans et de la BD en space-opera, de temps en temps, une nouvelle ça ne fait pas de mal. Je ne connais pas du tout Michel Pagel mais, comme vous allez le voir, j'ai la nette impression que c'est un auteur à suivre...
Résumé :
Gaba est un commerçant stellaire. Il possède un astronef bien pourri, la Betty, qui a néanmoins pour intérêt principal de bénéficier d'un moteur à hyperpropulsion fonctionnel. Cela lui permet d'échapper aux flics spatiaux et donc de se livrer à des opérations foireuses à la frontière de la légalité voire même au-delà. Un jour, un contrat l'amène sur Givrée, une planète où l'espèce humaine cohabite avec des dizaines d'autres dans une espèce de paradis pour capitalistes, à moins qu'il ne s'agisse d'un enfer. Il se trouve que son commanditaire souhaite lui confier une nouvelle mission, dans le genre inhabituel : rien de moins que trouver le légendaire cimetière des astronefs, en contrepartie d'un salaire inouï. Mais comment Gaba va-t-il pouvoir se rendre à un endroit dont nul ne connaît les coordonnées ?
Depuis StarWars, les auteurs de SF ont bien compris que l'humour se marie fort bien avec le space-opera. Mais pas n'importe quel humour. Un humour un peu désabusé, pince-sans-rire, teinté d'ironie, très bien illustré par le personnage de Han Solo lequel est, au fond, assez conscient de ses imperfections. Michel Pagel, dans cette nouvelle assez longue (une quatre-vingtaine de pages) construit un univers très cohérent et surtout très marrant. Le personnage principal, que je n'ose qualifier de héros à tel point il est nul et passe son temps à se faire assommer, à perdre diverses parties de son organisme et d'une façon générale à faire ce qu'il n'a pas envie de faire, porte un regard pas très éveillé sur un univers loufoque rempli de créatures extraterrestres plus surprenantes et libidineuses les unes que les autres. En effet, l'humour ici, tout en correspondant bien aux critères de l'humour space-opera, se montre volontiers grivois et même gaulois. Gaba, en véritable benêt, côtoie une humanoïde plantureuse mais sans parvenir à l'emballer : ça, deux extraterrestres s'en chargeront à sa place.

Si la nouvelle se résumait à des parties de jambes en l'air (à moins que ce ne soit des tentacules), elle finirait par lasser. L'ouverture finale, en guise de réflexion sur d'éventuels multivers et autres dimensions transcendantes, vient à point nommé sans pour autant rompre avec la nécessité de l'humour. Toute au long de la nouvelle, enfin, sont éparpillées des notes de bas de page toutes plus absurdes et marrantes les unes que les autres.

J'ai bien ri. J'ai adoré. Bravo !

Nouvelle acquise par l'intermédiaire de la plate-forme eBelial'.
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Commentaires

Doris a dit…
Ha Yes !
Je suis tombée sur ce livre par pur hasard l'an dernier à Redu (village du livre, Belgique). Livre d'occasion, pour une poignée d'euros. Le résumé déjà chargé d'un humour à la docteur House m'avait déjà fait sourire.
Je n'ai pas perdu ce sourire, du début à la fin. Je l'ai déjà recommandé et je continue. C'est un petit bouquin sans prétention qui rempli très bien son rôle : distraire.

Et la chute de fin est simplement... xD !!!

C'est effectivement un auteur que je lirai encore si je croise un jour un autre de ses livres.
Anudar a dit…
D'autres de ses bouquins sont disponibles en édition numérique, alors, n'hésite pas :) !
A.C. de Haenne a dit…
Ce serait un peu Star Wars ré-écrit par Terry Pratchett, non ?

Sinon, de Pagel, dans un tout autre registre, il y a notamment "L’Équilibre des Paradoxes" qu'il ne faut surtout pas rater !

A.C.
Anudar a dit…
Je ne connais pas l'oeuvre de Pratchett pour en juger... Une chose est sûre, je ne manquerai pas d'y revenir un de ces jours !
Calenwen a dit…
Ah mais je me souviens, je l'ai lu dans un bouquin qui rassemblait deux grosses nouvelles sous le titre "les escargots se cachent pour mourir", c'était bien drôle en effet ^^