Star Wars, l'Ancienne République : Alliance Fatale

Il m'arrive de lire des romans de l'univers étendu de Star Wars. Parfois. J'ai eu deux grandes périodes où j'en ai lu beaucoup, la première suivant de près la sortie de l'Episode I, où j'ai descendu en quelques mois plusieurs livres et cycles de la série, et la deuxième deux ou trois ans après lorsque je me suis lancé dans le grand cycle Le Nouvel Ordre Jedi. Dans l'ensemble c'est de la soft-SF mâtinée d'heroic-fantasy, les pouvoirs des Jedi pouvant s'interpréter comme de la magie ; c'est aussi plutôt inégal, certains auteurs talentueux ayant apporté leur pierre à l'édifice (Greg Bear par exemple) et d'autres bien moins (KJA). Bien loin d'avoir tout lu, tout vu de l'univers étendu (d'ailleurs je pense que ça ne serait pas possible vu que la production ne cesse jamais), il m'arrive toujours de me laisser tenter par un Star Wars qui me fait de l'oeil dans une librairie. Celui-ci, je l'ai lu non sans arrières-pensées. Après tout, on est en plein SSWEV, pas vrai ?

Résumé :
Depuis le Traité de Coruscant, la République et l'Empire sont en paix mais à couteaux tirés. Les agents de l'Empire infiltrent l'appareil du pouvoir de la République et fourbissent leurs armes. Mais dans le même temps, certains, au coeur même de l'Empire, contestent en secret la main-mise des Sith sur le gouvernement. Et à l'extérieur, les Mandaloriens veillent à ce que ni l'une, ni l'autre des deux factions ennemies ne devienne trop dangereuse pour eux... Les Hutts sont entrés en possession d'un étrange artefact qui pourrait ouvrir la voie vers un monde riche en ressources dont toutes les parties ont besoin dans la guerre qui se profile à l'horizon. Ils ne le remettront qu'au plus offrant... La République, l'Empire, les Jedi et les Sith vont tenter de s'en emparer, sans savoir qu'ils vont faire face à un danger bien plus grand qu'ils ne pouvaient le soupçonner au départ.
Un Star Wars : extended Universe commence souvent par un passage obligé, à savoir, les remerciements adressés aux "grands anciens" contributeurs. Je ne connais pas ce Sean Williams et je ne sais rien de ses travaux par ailleurs. En revanche, il me faut avouer que j'ai frémi quand j'ai vu qu'il adressait une dédicace à "Kevin et Rebecca". Comprenez : KJA et sa femme, qu'il salue entre autres comme ses "professeurs". HORREUR. Je tiens entre les mains quelque chose de pondu par un disciple de "l'auteur sans futur".

Passé le moment de révulsion, je me suis lavé les mains, j'ai enfilé des gants, un masque et des lunettes de protection puis je me suis plongé tête première dans l'espace présumé hostile de cette Alliance Fatale, non sans avoir donné l'ordre, au cas où je n'en serais pas sorti après trois jours, de me considérer comme perdu et de rendre à mon âme les services appropriés.

Eh bien, j'ai été surpris plutôt que déçu. Tout compte fait, ce bouquin n'est pas mal fichu et il se montre digne d'intérêt voire même plutôt palpitant. L'idée d'une alliance entre République et Empire n'est pas nouvelle et on la retrouve (comme on pourrait s'y attendre) toutes les fois que la Galaxie est menacée par une force différente : les Ssi-ruuk dans Trêve à Bakura, les Yuuzhan-Vong dans le cycle du Nouvel Ordre Jedi, et donc ici un monde peuplé de droïdes évolutifs et capables de se répliquer eux-mêmes. C'est là l'idée intéressante d'Alliance Fatale, parce que dans soft-SF il y a quand même (un peu de) SF : une convergence entre biologie, nanotechnologie et intelligence artificielle. Laquelle convergence est bien entendu hostile aux formes de vie biologique, sinon, ça ne serait pas marrant.

L'histoire se passe dans un passé reculé par rapport aux événements de la première trilogie, et aussi de la deuxième, en fait, puisque cela se produit en 3500 avant la bataille de Yavin (Episode IV). Le contexte est celui d'une guerre froide entre un Empire déjà dirigé par les Sith et une République méfiante à l'égard des Jedi. Dans ces conditions, l'idée de conduire à la coopération un Jedi de très haut rang avec un seigneur Sith et les amener à échanger leurs apprentis (pour que chaque partie puisse bien surveiller l'autre) lors de l'assaut final m'a paru très réjouissante. Il ne manquait rien d'autre que le pop-corn pour apprécier l'affrontement final. Jedi et Sith sont enfin soutenus par une ribambelle assez bien maîtrisée de personnages secondaires qui ont tous leurs qualités ainsi que leurs défauts - et surtout, des traits de caractères assez soignés permettant d'éviter un manichéisme trop prononcé. En fin de compte, je ne comprends pas pourquoi Sean Williams appelle KJA son professeur.

De toute évidence, le contraire serait plus juste - et surtout plus réaliste.

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Commentaires

Efelle a dit…
L'élève aurai dépassé le maître ?
Avec KJA cela ne doit pas être bien difficile, suffit d'arrêter l'écriture footing...
Anudar a dit…
Là, tu peux lui faire confiance, il ne le fera jamais. Sinon, terminées les publications de quatre livres par an.
Elessar a dit…
A l'époque j'avais pourtant bien aimé les trilogie "l'académie Jedi" de KJA de même que les comics Légende des Jedi du même gars .
J'ai aussi mes periodes Univers etendu star wars mais depuis la trilogie qui fait suis au NOJ, je n'ai rien lu de plus, j'avais étais bien déçu par cette trilogie. Ton article me donne envie de rechuter ^^
Calenwen a dit…
C'est bizarre KJA m'a jamais dérangé moi quand j'ai lu ses bouquins (j'avais 14 ans ceci dit...), et il a quand même posé quelques gros jalons dans l'univers étendu. Bon après j'ai jamais remis le nez dedans depuis des lustres...

Je lis plus trop de romans SW (sauf le Luke Skywalker and the Shadows of Mindor l'an dernier mais c'est une exception ^^), le prix et la qualité de la traduction ne font pas envie (et lire en VO... faut que je sois très motivée).
J'attends juste le Old Republic sur Revan en fait ^^.
Anonyme a dit…
Si Star Wars n'était pas aussi sérieux pour les fans, le navet qu'est Alliance Fatale aurait pu être comique...

Aliance fatale est un roman très "bateau" pour les amateurs de science-fiction. J'ai d'ailleurs pu voir en lisant les commentaires d'autres fans que du scénario d'un épisode de la franchise Stargate, il n'y avait effectivement qu'un pas (vive les réplicateur...). A croire que Sean Williams n'était pas très inspiré tellement l'histoire sonne creux.
Ce qui est sacrément dommage ici, c'est que l'univers de Star Wars est sacrément mal exploité. L'auteur aurait au moins pu essayer d'en profiter pour innover un peu dans ce champs chronologique de l'ancienne république encore vierge de la plume d'autres auteurs. Mais non, il se contente de mettre quelques vagues repères starwarsiens avec des statuts : (Jedi, mandalorien, contrebandier, sith, impérial...), quelques races: (hutts, ithoriens, kiffbidules...) et quelques vaisseaux pour les plus calés. En dehors de ça c'est le vague, pour ne pas dire le vide!! Pas de représentations visuelles de l'environnement, pas de descriptions plus poussées de la personnalité des personnages ou même carrément de l'ambiance qui doit baigner dans un bon bouquin Star Wars. Il y a trop de clichés pour un nombre d'acteurs aussi réduits. On a tout le temps le sentiment d'éffleurer le récit, mais pas de rentrer dedans. C'est navrant!

En définitive Aliance Fatale aurait été mieux adapté en effet à un jeu de rôle, et encore, dans un jeu de rôle le lecteur aurait eu une impression d'interactivité avec l'intrigue, alors que dans ce roman bas de gamme, le lecteur est un spectateur-prisonnier qui peine à comprendre où on l'emmène.
A la fin il le découvre: dans un trou noir justement!

Les fans qui ont pesté sur Aliance Fatale l'ont également fait à juste titre en ce qui concerne l'épilogue: c'est tellement surréaliste à lire qu'on se demande si monsieur Williams n'en a pas eu soudainement marre et décidé volontairement de bâcler la fin en jus de boudin. Avec en prime, le culot de sauter du coq à l'âne en racontant en 10 pages bien plus d'intrigues et d'actions intéréssantes que dans tout le roman réuni!! C'est tellement irréaliste à lire qu'on ne peut même pas la qualifier de cliffhanger. Au moins, dans une fin en cliffhanger... il y a eu une histoire avant!! RIP Karen Traviss

Alliance Fatale n'a pas d'histoire, ce n'est qu'un mélange démoulé de gélatine estampillée Star Wars qui ne se tient pas. Ce n'était qu'un brouillon où l'auteur s'est démené à chercher son style, tenté plusieurs, avant d'abandonner lamentablement. Dommage pour nous que ça soit tombé sur un Star Wars. Mais après tout, peut être est-ce nous lecteurs qui n'avons pas compris son génie??

Mon verdict: livre à brûler!
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LandoCalrissian,
Responsable du service partenariats AW
Co-organisateur du S.W.A.T
Anudar a dit…
Eh bien, flanque-le dans la soude :) .

Je ne suis pas non plus assez connaisseur de l'extended universe, ni de Stargate, pour discourir avec talent des défauts de ce livre, que j'ai tenu pour un divertissement un peu mieux que passable. Après, je ne le relirai sans doute pas et je ne pense pas non plus me pencher sur la suite, j'ai mieux à lire.

Bienvenue ici, en tout cas... Mais pour une prochaine fois, essaie d'éviter de mettre en commentaire de ma chronique un copier/coller intégral de la tienne, tout droit sortie de ton propre blog. C'est indélicat.
Guillaume44 a dit…
Fais gaffe c'est un organisateur du SWAT :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Special_Weapons_And_Tactics

Il peut donc être dangereux ;D

Sinon conseiller de brûler un livre me donne toujours envie de rétorquer avec un point Godwin. En effet les commentaires anonymes sur blogger sont une plaie à ce que je vois :-/