Les Abîmes d'Autremer

De Danielle Martinigol, j'ai déjà lu le désastreux Sens interdit, commis (signalons-le) en coopération avec Alain Grousset. En général, je ne suis pas trop pénible et j'ai tendance à donner une deuxième chance aux auteurs. J'ai donc lu celui-ci sans arrières-pensées.
Résumé :
De tous les vaisseaux spatiaux, les Abîmes sont les plus rapides, les plus sûrs et les plus confortables. Ils viennent de la planète Autremer, un monde océanique dont les habitants sont pourtant considérés plus ou moins comme des arriérés au sein d'une société galactique obsédée par le jeunisme. Mais pourquoi leurs pilotes se dissimulent-ils aux yeux du public ? C'est un mystère qui perdure depuis deux cents ans et qui intrigue partout dans les Cent Mondes... Sandiane, fille d'un talentueux reporter, se rend par hasard sur Autremer. Elle n'est pas longue à se rendre compte qu'il existe de toute évidence un lien entre les Abîmes et les sous-marins grâce auxquels les indigènes explorent les fonds océaniques. Mais si elle le découvre, si elle le révèle sur le Rés, ne risque-t-elle pas de remettre en question l'équilibre d'Autremer ?
Il y avait un adjectif pour qualifier Sens interdit : chiant. Pour décrire Les Abîmes d'Autremer, j'en vois un autre : intéressant. Le space-opera (tendance planet-opera, tout de même) bien qu'assez léger repose sur un argument biologique peu original mais bien tourné. L'intrigue elle-même est bien construite (même si prévisible pour le lecteur adulte). Le contexte, enfin, qui permet de voir si le space-opera est d'envergure ou non, est assez bien esquissé pour qu'on se laisse prendre à l'histoire. Alors oui, ce n'est pas sans défauts (le voyage final des Abîmes ne peut pas être un voyage de milliards d'années-lumière si le point de départ et celui d'arrivée se trouvent tous deux dans notre Galaxie), mais ça reste dans le domaine du tolérable, dirons-nous. J'ai commencé à grincer des dents quand j'ai senti arriver la partie sentimentale de l'intrigue, échaudé par la guimauve de Sens interdit. Et puis tout compte fait, ce n'était pas à vomir et ça semblait même plutôt vraisemblable. Et surtout ça n'occupait pas une place démentielle dans l'histoire.

Voilà de quoi me réconcilier avec l'auteure à qui je laisserai volontiers une troisième chance, le cas échéant.

Voir aussi l'avis de Blop.

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Commentaires

Blop a dit…
Mmmm... Intéressant. Parce que de Danielle Martinigol, je n'ai lu que Les Abîmes d'Autremer - que j'ai beaucoup aimé et chroniqué en fonction. Je pensais donc que tous ses écrits étaient de la même eau.
D'un autre côté, je ne peux m'empêcher de penser que ton avis aurait été plus positif sur ce roman si tu n'avais pas été déçu par le premier. Le scénario est certes attendu, mais cela reste de la littérature jeunesse, et en la matière, j'ai vu vraiment bien pire...
Anudar a dit…
Tu peux me passer le lien vers ta chronique ?

Pour "Sens interdit", on va dire que c'est peut-être sous l'effet de l'écriture en coopération que le résultat était si mauvais. Je suis tout de même assez positif sur "Les Abîmes d'Autremer". A tel point que je vais me pencher sur une autre oeuvre de la dame. A suivre...
Blop a dit…
Voici le lien : http://impromptu.hautetfort.com/archive/2009/12/10/les-abimes-d-autremer.html
Mon billet est très court, mais bon. C'était l'époque où je faisais court.
Anudar a dit…
Comme dit chez toi, merci :) !