Canisse

Je ne connaissais jusqu'à présent rien de cet auteur, pas même son nom. La quatrième de couverture donnait à comprendre qu'il s'agissait d'un planet-op' aquatique, ce qui change de Dune ; j'ai décidé d'aller y voir de plus près.
Résumé :
Xhan est un garde-pêche retraité. Il se sait condamné par une maladie à évolution brutale. Pourtant, il se laisse persuader par Moox de faire un dernier voyage : sur Canisse vivent les mégathalos, des poissons d'une taille invraisemblable que des équipages de braconniers chassent au grand désespoir des indigènes... Canisse est une planète dangereuse, dont l'immense océan est capricieux et où l'eau est capable, en fonction de la configuration astronomique, de dissoudre les objets manufacturés ainsi que la chair humaine. Pourquoi Xhan est-il si attiré par ce monde lointain ?
Je me souviens d'avoir vu, dans un Bifrost, une critique de ce Canisse à recenser dans les critiques du genre assassine. Je ne me rappelle plus de la formulation mais le critique citait Aquablue (que je ne connais pas du tout) et l'associait à une autre référence, d'une façon que l'on comprenait fort peu élogieuse. J'aime bien me faire mon propre avis sur la question.

Dans un planet-op', et par définition, la planète où se déroule toute l'intrigue doit être un personnage à part entière. Canisse, la planète océanique dont l'eau est parfois corrosive, a une personnalité, la chose est certaine, mais je n'irais pas jusqu'à dire que c'est un personnage pour autant. Alléché par la couverture, on se lance dans cette histoire avec bienveillance, en se demandant où au juste l'auteur souhaite en venir. Il serait cruel de dire que l'on n'arrive nulle part, au bout du voyage, aussi je me contenterai de dire que la personnalité de Canisse n'est pas du tout exploitée comme elle le mériterait. On comprend qu'il y a derrière Canisse une machination, les loooongs monologues finaux faisant bien plus que le suggérer. Mais l'objet de cette machination, nous n'en saurons sinon mie, du moins pas grand-chose, l'auteur préférant nous faire suivre le destin assez peu intéressant d'un personnage principal sans trop de saveur.

Je ne m'attarderai pas trop sur les quelques invraisemblances scientifiques (l'océan de Canisse est-il acide ou alcalin ? Non parce que, les éléments alcalins étant ceux de la famille du sodium, je dirais plutôt que ce sont des eaux basiques...) pour conclure en forme de comparaison : j'ai eu l'impression de retrouver là-dedans l'atmosphère glauque d'un roman de Serge Brussolo, mais sans y retrouver la même créativité...

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Commentaires

Efelle a dit…
Sur le même thème, il y a Un monde d'azur de Jack Vance. Court, efficace, ouvrant rapidement un vaste horizon...
JM a dit…
Olivier Bleys est un Lyonnais, comme nous deux. Et jusque là, il n'avait écrit que de la littérature "blanche".
Anudar a dit…
@Efelle : j'avais manqué ton commentaire, désolé... Vance est l'un des auteurs que je veux découvrir plus en avant, ça, c'est évident.

@JM : pour une première intrusion dans la SF, alors, Canisse a le mérite d'exister. Faut voir ce que ça peut donner si Bleys insiste. Je lui donnerai volontiers une deuxième chance...