Deus in Machina

De John Scalzi, j'ai déjà lu (avant de tenir mon blog) la série démarrée par Le vieil Homme et la Guerre, un space-op' assez bien foutu et surtout bourré d'humour, et dont l'intérêt ne diminuait pas au fil des nouveaux épisodes. Une bonne pioche qui m'avait incité à m'intéresser à cet auteur. Quoi qu'il en soit, lorsque j'ai lu l'avis de Nébal sur ce livre, je me suis dit que cela valait sans nul doute la peine que je me penche dessus... Livre de surcroît plutôt court : je l'ai descendu en deux heures environ.
Résumé :
Ean Tephe est le commandant d'un vaisseau spatial. Comme tous les autres vaisseaux, le Vertueux possède en guise de moteur un dieu enchaîné, un dieu vaincu par celui auquel Tephe voue sa foi. Le dieu vaincu, appelé "avili" par le prêtre du bord, est une créature très puissante et pleine de ruses et de pièges pour ceux qui ne sont pas ses fidèles. Alors, pour le faire obéir, il faut parfois le torturer. Ou le punir s'il s'est mal conduit. Or, le commandant Tephe est rappelé en urgence à Port-à-l'Evêque, la capitale du royaume du Seigneur. Cela aurait-il un rapport avec le fait que les rébellions de dieux vaincus se multiplient ?
Un space-op' doit reposer sur un concept. A l'heure actuelle où les théories de la physique moderne sont, sinon vulgarisées, du moins de mieux en mieux connues dans le grand public, l'effort de l'auteur qui ne fait plus voyager dans l'espace à coups de combustibles inconnus sera toujours apprécié. Quelque part, le lecteur acceptera mieux de suspendre son incrédulité s'il est confronté à une chose qu'il n'a encore jamais vue. Et là, il faut dire que c'est un coup de maître. La première phrase du livre, quelque part, est suffisante pour contenir toute l'intrigue et inciter à se lancer dans l'histoire. En fait, elle est si puissante, cette phrase, que l'éditeur a choisi de la faire figurer au début de la quatrième de couverture, avec le paragraphe qui la suit par-dessus le marché... Elle est même si puissante que j'ai envie de dire qu'elle pourrait se substituer au titre du livre !

Après cette première claque, l'auteur nous conduit tambour battant à travers une intrigue d'une rare efficacité. Il n'y a pas de temps perdu, il n'y a pas un élément qui retarde la compréhension, il n'y a en fait pas un défaut dans ce roman qui doit sans doute interroger sur la foi. J'imagine au passage qu'il ne doit pas convenir à tout le monde... Il s'agit là d'excellente SF que je ne peux que recommander. Que vous ayez apprécié ou non d'autres oeuvres de Scalzi, n'hésitez pas à lire celle-ci, car c'est du tout nouveau, et c'est aussi du lourd.

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Commentaires

Gromovar a dit…
Je suis très tenté.
Anudar a dit…
Il faut l'être.
Val a dit…
Que dire de plus, je le suis aussi :)